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FOIRE PHOTO

Photo Basel s’enracine

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 6 juin 2019 - 509 mots

En parallèle d’Art Basel, la foire photo de Bâle développe une cinquième édition sûre de ses potentiels.

Bâle. Après l’Aipad en avril à New York et Photo London en mai à Londres, Photo Basel est la dernière des foires photo du premier semestre. Son assise financière plus fragile, sa taille bien moindre et son nombre plus réduit de galeries continuent de la distinguer de ses consœurs. Elle n’en trace pas moins son sillon. Sa cinquième édition la voit investir pour la première fois le premier étage du Volkshaus où elle s’est établie il y a quatre ans pour se rapprocher du bâtiment d’Art Basel. Une perspective que son co-créateur et directeur, Sven Eisenhut, avait envisagée dès l’installation en ses murs. L’accroissement du nombre d’exposants (42 contre 34 en 2018), la demande de certains exposants de disposer d’un stand plus grand et le soutien de certaines galeries telles que Fabien & Claude Walter de Zurich lui ont permis de franchir le pas. « Photo Basel s’enracine », estime Baudoin Lebon, galeriste parisien présent dès la première édition. Le taux de renouvellement des exposants, de 38 % cette année contre 60 % l’an dernier – voire davantage lors des éditions précédentes –, le confirme. Progressivement le socle de fidèles de Photo Basel s’élargit, bien que l’on relève cette année l’absence d’Esther Woerdehoff (Paris), galeriste sans qui, certainement, Sven Eisenhut n’aurait pu réaliser son projet de foire photo. « Après avoir exposé plusieurs de mes artistes à Riyad en avril, je suis à Djeddah durant Photo Basel. J‘ai donc dû renoncer à la foire à mon plus grand regret, mais j’y retournerai l’année prochaine », explique-t-elle.

Stands : un coût peu élevé

L’accroissement du nombre de foires et autres manifestations, conjugué à une économie de plus en plus tendue pour les galeries, oblige à faire des choix même si le prix de location d’un stand à Photo Basel (entre 7 000 et 8 000 €) est trois fois inférieur à celui de l’Aipad ou de Photo London. Le risque financier limité a toutefois encouragé les doubles participations : l’Aipad et Photo Basel pour Baudoin Lebon ou Catherine et André Hug (Paris) ; Photo London et Photo Basel pour Bildhalle (Zurich) voire, pour la galerie anversoise Ibasho, un triplé sur le semestre. La présence française demeure cependant faible. Elle plafonne à quatre exposants dont deux nouvelles recrues : la galerie L’Antichambre (Chambéry) et Galerie &co119 (Paris). Les galeries allemandes (10), suisses (8) et néerlandaises (7) forment en revanche une troïka qui, d’année en année, voit ses rangs s’étoffer. Pas moins de quatre nouvelles galeries suisses participent cette année avec Alex Schlesinger (Zurich), Grob Gallery (Genève), Galerie 94 (Baden) et Laurent Marthaler Contemporary (Montreux, Zurich). Parmi les autres nouveautés, on relève la création, sous le commissariat de Daniel Blochwitz, d’une section réservée à des vintages fournis par les enseignes participant à la foire. Un ingrédient de plus pour doper le contenu d’une jeune foire aux propositions éclectiques qui a trouvé son public sans réussir encore à mobiliser véritablement l’intérêt des responsables des grandes institutions internationales ou de leur département photo.

Photo Basel,
du 11 au 16 juin, Volkshaus, 12-14 Rebgasse, Bâle, Suisse, www.photo-basel.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°525 du 7 juin 2019, avec le titre suivant : Photo Basel s’enracine

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