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Paris Photo 2021 a atteint ses objectifs

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 24 novembre 2021 - 705 mots

Après l’annulation de l’édition précédente, la foire de la photo peut être contente de son retour : des œuvres de qualité, un public au rendez-vous, un lieu agréable et des ventes honorables.
Paris. Après l’annulation de l’édition précédente, le rendez-vous était très attendu et Paris Photo 2021 a fait son plein de public. Avec 58 000 visiteurs selon les organisateurs (contre 70 000 en 2019), sa fréquentation a été limitée par les contraintes sanitaires imposées dans certains pays. Mais la manifestation n’a pas déçu – bien que le retour en force du grand format et la qualité de certains tirages modernes aient pu laisser perplexe, comme le contenu plus décoratif de certains stands – et les visiteurs n’ont pas boudé leur plaisir.

Les propositions audacieuses et les pièces rares ou uniques ont réservé, comme de coutume, de grands moments, toutes périodes confondues. Bien qu’il n’ait pas trouvé preneur, l’immense tableau de l’Allemande Annegret Soltau, Im Felsenmeer (1986-1988) chez Anita Beckers (Francfort), composé de trente-cinq cibachromes la voyant faire corps, nue, avec un amas de rochers, demeure une de ces pièces que l’on n’oublie pas, à l’instar de la série des « Amants magnifiques » d’Yves Trémorin chez Vu ou du solo show de la galerie new-yorkaise Sous les étoiles qui, pour sa première participation, proposait un focus sur l’Allemand Gottfried Jäger [voir ill.], théoricien de la photographie générative.
Un bilan satisfaisant
Le bâtiment de Jean-Michel Wilmotte, sans verrière – à la différence du Grand Palais –, sied bien à la photographie qui craint la lumière zénithale. L’atmosphère feutrée et le confort du Grand Palais éphémère ont été plébiscités par les galeristes, certains regrettant d’ores et déjà le retour au Grand Palais en 2024.

Dans la galerie Eiffel, aménagée dans le prolongement du Grand Palais éphémère, le secteur « Curiosa » réservé aux pratiques émergentes a gagné en visibilité, à la différence de l’espace éditeurs. Les ventes de livres et de tirages de tête ont néanmoins bien marché, voire plus que d’habitude pour certains. « Le bilan est meilleur que celui de 2019 », souligne Françoise Pavia, fondatrice des éditions Bec en l’air, qui estime une hausse des ventes de 10 %.

Côté galeries, les résultats sont plus contrastés, certains les estimant en demi-teinte, d’autres plutôt bons, voire meilleurs que ceux de 2019. Chez Howard Greenberg (New York), Hamiltons (Londres), Bruce Silverstein (New York) ou Hans Kraus (New York), on se montrait ainsi très satisfaits avec des achats de pièces à six chiffres, tels les trois Gustave Le Gray vendus par Kraus à 100 000 euros chacun. « Il semble qu’une nouvelle génération de collectionneurs s’intéresse aux photographies du XIXe siècle », souligne le galeriste. Même satisfaction pour des nouveaux venus aussi différents que Christian Berst (Paris) avec le Polonais Tomasz Machcinski, la Galerie Rouge (Paris) avec Martine Barrat et Jean-Michel Fauquet ou la galerie new-yorkaise L. Parker Stephenson et ses tirages vintage des Américains Jane Evelyn Atwood ou John Cohen. L’avant-garde actuelle représentée notamment par les galeries parisiennes Binôme, Christophe Gaillard, Jean-Kenta Gauthier ou Dix-9 Lacharmoise a trouvé également un bel écho.

Si de grands collectionneurs américains ou européens n’ont pas fait le déplacement, de nouveaux acheteurs ont été recensés – les musées ou institutions étaient aussi présents (119 contre 127 en 2019). Du moins pour l’Europe et l’Amérique du Nord ; la proportion pour l’Asie, l’Amérique latine et le Moyen-Orient réunis ne dépassant 10 % cette année.
Fusion de la Fiac et Paris Photo
La 24e édition achevée, se pose désormais la question de ce que va donner la fusion des équipes de la Fiac et de Paris Photo. Préoccupation qui n’a pas manqué d’être évoquée par certains galeristes : « La fusion du personnel, avec la perte simultanée de l’expertise et de l’expérience de l’équipe de Paris Photo, risque d’entraîner l’effondrement de plusieurs atouts importants de la foire», estime le New-Yorkais Howard Greenberg, présent chaque année depuis la deuxième édition de la foire et membre du comité de sélection des galeries. « Les marchands sont prêts à payer le prix demandé, qui est en fait plus élevé que celui d’Art Basel, si, et seulement si, l’équipe de production est capable de fonctionner au maximum de ses capacités. Ce n’est donc pas le moment de fusionner et de réduire le personnel de Paris Photo extrêmement compétent. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°578 du 26 novembre 2021, avec le titre suivant : Paris Photo 2021 a atteint ses objectifs

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