Foire

Outsider Art Fair 2017, des résultats contrastés

Par Éric Tariant · lejournaldesarts.fr

Le 23 octobre 2017 - 518 mots

PARIS [23.10.17] - Pour sa cinquième édition, du 19 au 22 octobre à Paris, l’Outsider Art Fair a enregistré des résultats en demi-teinte. Les marchands qui ont joué la carte des classiques de l’art brut ont mieux tiré leur épingle du jeu.

Où sont les collectionneurs ? Samedi 21 octobre en fin d’après-midi, au 22 rue de la Michodière à Paris, les allées du salon sont plutôt clairsemées. Les amateurs auraient-ils déjà plié bagages pour rejoindre leurs lieux de villégiature de vacances scolaires ?

La foire avait pourtant démarré en fanfare, le jeudi 19 octobre, jour du vernissage, et la journée de vendredi avait, elle aussi, été satisfaisante en terme de fréquentation. Aux dires des exposants, les organisateurs de la foire auraient mieux communiqué, cette année, en achetant davantage d’espaces publicitaires.

Le patron de la manifestation, Andrew Edlin, est parvenu à recruter 34 exposants (contre 38 l’an passé) en élargissant quelque peu le spectre du salon. Aux galeristes –peu nombreux- qui n’exposent que de l’art brut, s’adjoignent de multiples spécialistes de l’art outsider –un concept plus souple et plus flou- mais aussi des professionnels de l’art contemporain et de certaines formes d’art tribal.

Les grands classiques de l’art brut, les Aloïse, Bill Traylor, Carlo Zinelli, Henry Darger sont au rendez-vous. Pas de réelles surprises de ce côté-là mais le plaisir de revoir de vieilles connaissances. A la galerie du Marché notamment -où les points rouges scintillent sur les cartels- qui présentait un Aloïse de 1959 manquant un peu de peps, un beau Friedrich Schröder Sonnensten parti à 17 000 euros, et un grand Madge Gill cédé contre 50 000 euros.

Chou blanc vs carton plein
« C’est une foire où, contrairement à la Fiac, on ne vient pas par hasard.», note Benoît Morand de la galerie Les Yeux Fertiles. Celui-ci souligne avoir négocié plus facilement les classiques de l’art brut que les contemporains. En témoigne notamment son petit dessin d’Edmund Monsiel (1897-1962), inspiré de l’iconographie populaire et religieuse, parti à 25 000 euros. Sur le stand de La Fabuloserie Paris, Sophie Bourbonnais a, elle, cédé une pièce en bois d’Emile Ratier (1894-1984), figure incontournable de toute bonne collection d’art brut, contre 6 000 euros.

Les artistes moins connus des amateurs semblent, en revanche, peiner à attirer l’œil et la carte bleue du chaland. Le new-yorkais Donald Ellis, qui exposait pour la première fois à Paris, a fait chou blanc avec son exposition monographique consacrée à des dessins des années 1875-1878 de Carl Matches figurant des Indiens d’Amérique. La veille de la clôture du salon, il n’avait vendu aucune pièce. Résultats décevants en termes commerciaux également pour la galerie Chave. Madeleine et Pierre Chave, qui avaient fait le choix de montrer des artistes à l’œuvre forte mais peu connue comme Boris Bojnev (1898-1969) et Marthe Estibotte, n’ont cédé que quelques pièces, entre 1 500 et 3 000 euros, d’artistes plus familiers des collectionneurs comme Eugène Gabritschevsky.

Avalanche de points rouges, en revanche, sur le stand du Creative growth center qui a fait un carton avec ses classiques de l’art brut contemporain : Dwight Mackintosh, Dan Miller et Judith Scott.

Légende photo

Judith Scott, Untitled, 2003, fibres et objets trouvés, galerie Creative growth center

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