Mercredi 19 décembre 2018

Street art

Les tags envahissent l’hôtel Dassault

L’art urbain s’embourgeoise autour de quelques signatures dont les prix grimpent

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 15 janvier 2013 - 720 mots

PARIS - Souvent pimentées de performances d’artistes invités à taguer en direct, les ventes aux enchères d’art graffiti ont essaimé depuis trois ans, à Paris comme en régions, cédant à une mode capable de capter une nouvelle clientèle attirée par des prix abordables – à partir de quelques centaines d’euros –, et un langage artistique qui lui semble familier.

Lors de son lancement à l’automne dernier, la nouvelle SVV bordelaise Vasari Auction a accueilli près de 6 000 visiteurs pour l’exposition (non commerciale) d’une partie de la collection d’art urbain de Nicolas Laugero Lasserre, annonçant la tenue de ventes futures dans ce domaine. Pionnière dans le domaine du Street art, Artcurial a programmé sa prochaine vente le 22 janvier, sous la houlette du commissaire-priseur Arnaud Oliveux, un passionné du genre. « En 2006, nous avons lancé un premier chapitre de Street art (une dizaine de pièces) dans une vente d’art contemporain qui nous a servi de test. Cela a tout de suite très bien marché et nous avons renouvelé l’expérience l’année suivante, avant d’organiser en 2008 une véritable vacation structurée avec un catalogue à part. Depuis, c’est devenu un rendez-vous régulier, rapporte-t-il. Certains collectionneurs trouvent dans l’art urbain un nouveau souffle à la création contemporaine. Aujourd’hui, ce marché a acquis ses lettres de noblesse. Il devient sélectif. Il s’est resserré autour d’un groupe d’artistes historiques, tout en restant ouvert et attentif aux talents émergents. Chez Arcurial, nous essayons de consolider ces acquis. »

De plus en plus de galeries d’art contemporain défendent ces artistes qui sont également montrés dans les grandes foires, consolidant ce marché dont les prix grimpent en conséquence.

Banksy, JonOne, Invader…
Le lot le plus cher de la vente d’Artcurial est un Flying Copper (2003) par le roi du pochoir Banksy, pièce unique estimée 90 000 à 120 000 euros. Il s’agit d’une peinture monumentale à l’aérosol et à l’acrylique sur carton double face (205 x 124 cm) représentant un policier londonien antiémeute affublé d’ailes et d’une tête de smiley. Autre star de la vente, JonOne s’impose avec une grande toile abstraite (155 x 210 cm) peinte à l’acrylique et à l’encre de couleur, intitulée Strictly for Kings or Better (2009), qui pourrait dépasser son estimation haute de 25 000 euros. Mr. Brainwash pourrait aussi faire des étincelles avec Kiss (Life is beautiful) (2010), grand portrait du célèbre groupe de hard rock réalisé avec des éclats de disques vinyles et estimé 70 000 à 90 000 euros. Plusieurs œuvres de Shepard Fairey, artiste s’inspirant de l’art de propagande des régimes totalitaires, devraient faire des émules, notamment No… I’m vegetarian (2007), œuvre exposée précédemment chez la galeriste parisienne Magda Danysz et estimée 30 000 euros.

Les mosaïques d’Invader ont par ailleurs leurs afficionados : Apple Space (2009), qui provient de la galerie Jonathan LeVine de New York, a été estimée 12 000 euros. Futura 2000, qui fait partie des signatures qui comptent, intègre la vente avec Reflections (2011), œuvre lyrique à l’aérosol et acrylique sur toile réalisée pour l’exposition « Arts in the Streets », organisée en 2011 par le MOCA de Los Angeles. Représenté par la galerie Polaris (Paris), New Square Gallery (Lille) et Fabien Castanier Gallery (Los Angeles), Speedy Graphito est porté par la toile I love peace (2012) à 15 000 euros.
Pour ceux qui n’ont plus les moyens de s’offrir ces « street artistes » cotés, il reste des artistes urbains émergents encore accessibles, tels le Toulousain Dran avec Attention, Animaux sauvages (2009), toile mettant en scène des « sales gosses », estimée 3 000 euros, ou Alex, issu du groupe des MAC (Mort aux cons) de Bagnolet, avec un monumental et touchant portrait, hommage hyperréaliste sur toile à Takeshi Kitano (2012) estimé 3 500 euros. Sans oublier le Chilien Inti Castro, figure montante de la scène de Valparaíso, avec Our utopia is their future (2012), toile reprenant le motif qu’il a réalisé sur le mur d’un immeuble du 13e arrondissement parisien en 2012 et estimée 4 000 euros. La vente sera précédée d’une série d’animations artistiques urbaines du 17 au 21 janvier.

ART URBAIN CONTEMPORAIN

Le 22 janvier à l’hôtel Dassault, 7 Rond-Point des Champs-Élysées, 75008 Paris ; exposition publique : le 18 janvier 11h-19h, le 19 janvier 11h-18h, le 20 janvier 14h-18h et le 21 janvier 11h-19h, tél. 01 42 99 20 20, www.artcurial.com

ARTCURIAL, ART URBAIN CONTEMPORAIN

Expert : Arnaud Oliveux

Estimation : 1 à 1,3 million d’euros

Nombre de lots : 235

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°383 du 18 janvier 2013, avec le titre suivant : Les tags envahissent l’hôtel Dassault

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