Foire

Les chefs-d’œuvre de la Brafa 2020

Par Marie Potard · L'ŒIL

Le 17 décembre 2019 - 699 mots

Éclectique à souhait, la foire d’art et d’antiquités belge par excellence revient pour sa 65e édition, du 26 janvier au 2 février 2020.

Créée en 1956, la Brafa (Brussels Art Fair) est l’une des plus anciennes foires d’art au monde. Et si elle rencontre un succès toujours croissant (pas moins de 66 000 visiteurs l’an dernier), « c’est parce que nous avons la volonté de garder la foire dans une dynamique d’évolution permanente et d’écoute du marché, souligne Harold t’Kint de Roodenbeke, président de la manifestation. Nous réfléchissons sur le long terme, en évitant les “one shot”. » Cette année, 133 galeries se donnent ainsi rendez-vous pour exposer de l’art moderne, contemporain, tribal ou asiatique, mais aussi de la BD, de la peinture ou de la sculpture. Certaines reviennent depuis de nombreuses années, à l’instar des galeries Berko, Hioco, Francis Maere ou Axel Vervoordt ; d’autres arrivent, comme Paolo Antonacci ou Dalton Somaré.

Parmi les pièces qu’il ne faut pas manquer du côté des arts anciens (qui représentent peu ou prou 35 % des stands), citons une stèle de Ramsès II, un bas-relief en calcaire gravé du nom du pharaon, Égypte, XIXe dynastie (1279-1213 av. J.-C.) chez Theatrum Mundi ; une paire de candélabres aux victoires ailées en bronze doré par Claude Galle, XIXe siècle, sur le stand de la galerie Theunissen & de Ghellinck ; ou encore Le Dentiste, de David Teniers (1610-1690), issu de la collection du vicomte de Choiseul à la galerie de Jonckheere.

Au chapitre des pièces modernes et contemporaines, les amateurs et collectionneurs peuvent admirer sur le stand de la galerie Harold t’Kint de Roodenbeke, une aquarelle de Léon Spilliaert, Le Bain (1910), une Composition surréaliste (1940) de Léopold Survage, présentée par la galerie new-yorkaise Rosenberg & Co, La Bataille des éperons d’or (1888), un dessin au crayon noir de James Ensor chez Samuel Vanhoegaerden, ZETT-ZS (1966) de Vasarely chez Omer Tiroche, ou encore Composition abstraite (562-2) (1984) de Gerhard Richter sur le stand de von Vertes.

L’épée de Damoclès

Né de la collaboration de Francken II et Hoecke, deux peintres d’Anvers, le sujet de ce tableau est tiré d’un épisode de la mythologie grecque, rapporté par Cicéron. « Cette représentation de l’épée de Damoclès est très rare, on ne connaît qu’un autre exemple de ce sujet », souligne le Dr Ursula Härting, spécialiste de l’école flamande du XVIIe. « Dans un état de conservation remarquable, il s’agit d’une œuvre de qualité muséale », note Cédric Pelgrims de Bigard, directeur associé de la galerie.

Galerie Costermans, Bruxelles Prix : aux alentours de 100 000 €


Reliquaire Kota 

Dans le cadre du rituel familial et lignager du culte des morts chez les Kota du sud, les reliques, notamment les crânes des ancêtres, étaient gardées dans des paniers surmontés de figures anthropomorphes sculptées en bois et plaquées de cuivre. Ces rituels consistaient pour l’essentiel en offrandes propitiatoires afin de satisfaire les défunts du lignage. Les crânes étaient exhibés lors des rites initiatiques.

Galerie Didier Claes, Bruxelles Prix : 75 000 €


Cadre et peinture orientaliste 

Ce cadre en bois de noyer noirci est partiellement recouvert de peau de daim blanchie et comporte des applications en cuivre gaufré, des incrustations en laiton et des décorations en étain avec des motifs floraux. Il enchâsse une peinture orientaliste représentant le barbier dans son échoppe. L’œuvre provient de la collection de la villa Tib à Grassina appartenant au baron Branca qui avait commandé à l’artiste et designer italien une série de meubles et aménagements pour sa propriété.

Galerie Paolo Antonacci, Rome Prix : 38 000 €


Jeune femme endormie 

Réalisée en 1894, cette œuvre de Pierre Bonnard est un beau témoignage de la période Nabis de l’artiste. Nourrie de larges aplats et de lignes souples hérités de l’art japonais et de Paul Gauguin, l’huile détient toutes les clés du mouvement Nabis. Plus apparue sur le marché de l’art depuis son exposition à la Galerie Arthur Tooth & Sons à Londres en 1969, cette huile sur carton de 27 x 35 cm n’est cependant pas inconnue du public puisqu’elle a été exposée au Complesso del Vittoriano à Rome en 2007 et au Musée Von der Heydt de Wuppertal en 2010.

Galerie Alexis Pentcheff Marseille, Prix : non communiqué

« Brafa Art Fair »,
du 26 janvier au 2 février 2020. Tour & Taxis, Avenue du Port 88, 1000 Bruxelles, Belgique. Tous les jours de 11 h à 19 h, jusqu’à 22 h le jeudi 30 janvier. Tarifs : 25 et 10 €. www.brafa.art

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°730 du 1 janvier 2020, avec le titre suivant : Les chefs-d’œuvre de la Brafa 2020

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