Dimanche 19 septembre 2021

Foire

SALON

Le Parcours des mondes fête ses 20 ans

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 9 septembre 2021 - 550 mots

PARIS

En deux décennies, la manifestation germanopratine s’est imposée comme un rendez-vous de toute première importance pour les marchands d’art premier.

Eyema Byeri, figure de reliquaire Fang, Gabon, XIXe siècle, bois à patine noire satinée, h. 47 cm. © Roland Deleplace / Galerie Laurent Dodier
Roland Deleplace / Galerie Laurent Dodier
© Roland Deleplace / Galerie Laurent Dodier

Paris. Que de chemin parcouru en vingt ans, depuis que Rik Gadella – le fondateur de Paris Photo – a eu l’idée de lancer à Paris un salon à ciel ouvert consacré aux arts premiers dans les rues de Saint-Germain-des-Prés ; un quartier déjà dévolu à cette spécialité puisque concentrant de nombreux marchands. La première édition, en 2002, ne réunissait qu’une vingtaine d’exposants. En 2008, la manifestation change de main après son rachat par Pierre Moos, directeur du magazine Tribal Art. Sous son impulsion, elle prend de l’ampleur grâce à une communication importante, une sélection des participants et un vetting très strict. Le tout tourné vers l’international, en misant sur le haut de gamme. Aussi, la foire s’est rapidement étoffée, rassemblant désormais chaque année plus d’une soixantaine de marchands – hors pandémie. « Tout comme le marché, le Parcours aussi a évolué : les collectionneurs sont moins monomaniaques, les goûts ont changé – l’Océanie a le vent en poupe par exemple – et les prix ont augmenté de manière considérable », observe Pierre Moos.

Cette année, et comme l’an dernier, l’événement compte une quarantaine de participants dont seize étrangers (et vingt-six français) – les voyages en avion restant compliqués. Les Américains Joshua Dimondstein et Michael Hamson, l’Australien Chris Boylan ou Michel Thieme (Amsterdam) reviennent, tandis que Didier Claes (Ixelles) ou Nicolas Rolland (Paris) ne sont pas présents. On constate par ailleurs que si les organisateurs ont ouvert la manifestation aux arts asiatiques en 2015 et à l’archéologie en 2018, ces spécialités sont peu représentées cette année : galeries Eberwein (Paris) et Arteas. Ltd (Londres) en archéologie et Christophe Hioco (Paris) en arts asiatiques, venu avec un ensemble de frises du Gandhara.

Expositions thématiques et pièces rares

Comme à l’accoutumée, certains marchands proposent des expositions thématiques : Abla et Alain Lecomte (Paris), avec « Objets sacrés », montrent des masques et fétiches ayant pour point commun les patines sacrificielles, tel un fétiche Bavili (République Démocratique du Congo), collecté au début du XXe siècle par le gouverneur Joseph-François Reste. Chez Alain Bovis (Paris), l’exposition « Parcours poétique » met en scène une collection de tapas pygmées du nord du Congo (à partir de 1 500 €). À ne pas manquer, le florilège d’objets d’Amérique, d’Afrique et d’Océanie, rassemblés par Laurent Dodier (Avranche) pour fêter cette 20e édition, mais aussi le 60e anniversaire de l’ouverture de la galerie. Parmi les pièces, une figure de reliquaire Fang (Gabon, voir ill.), issue de la collection Jacques Kerchache (autour de 400 000 €) ou une figure de proue de pirogue nguzunguzu, îles Salomon (autour de 150 000 €).

D’autres exposants profitent de l’occasion pour dévoiler leurs trouvailles : une figure gardienne de reliquaire, Kota (Gabon), de l’ancienne collection Charles Ratton chez Dalton Somaré (Milan) ; une figure (peuple Montol, Nigéria), provenant de la collection Hélène Leloup (Dimondstein) ; une statue Hemba (République Démocratique du Congo), issue de la collection Pierre Langlois puis Marceau Rivière chez Éric Hertault (Paris), autour de 270 000 euros ou encore un masque, (village Mangan, région du Bas-Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée) chez Michel Thieme (99 000 €).

« L’année dernière, les marchands m’ont dit avoir bien vendu alors qu’il n’y avait pratiquement pas d’étrangers. Pourvu que ça se passe aussi bien cette année. Et puis la vente Périnet est passée par là, ce qui risque de doper le marché », espère Pierre Moos.

Parcours des mondes,
du 7 au 12 septembre, quartier des Beaux-Arts à Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°572 du 3 septembre 2021, avec le titre suivant : Le Parcours des mondes fête ses 20 ans

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