L’art des Indiens sort de la réserve

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 19 mai 2010

Il faut considérer le marché de l’art des Indiens des plaines d’Amérique. Mais les rares pièces anciennes, datant d’avant les réserves, sont très prisées.

Tous les collectionneurs d’objets amérindiens le disent : dès leur enfance, les Peau-Rouges ont exercé sur eux une fascination. Les Indiens font partie de l’aventure de la conquête de l’Ouest, portée à l’écran par le cinéma hollywoodien qui a fait rêver toute une génération d’enfants. Le collectionneur français Yves Berger, qui a dispersé sa collection en 2002 à Paris, raconte, dans une préface au catalogue, qu’après avoir lu tous les livres se rapportant aux Indiens il a eu envie d’être « encore plus proche d’eux » en acquérant des œuvres de leur fabrication.

Coiffes, tomahawks, sacs à pipe, calumets, casse-tête de danse ou de guerre, ceintures, mocassins, chemises et gilets en peau font partie des objets indiens les plus emblématiques. D’après les spécialistes, ces pièces d’artisanat sont plus faciles à dater que l’art africain. Car chaque tribu possède ses codes couleurs et ses motifs. Selon les périodes de fabrication, les styles évoluent ainsi que les matériaux employés et les techniques de confection.

Plus les objets sont anciens, c’est-à-dire qu’ils remontent aux temps où les Indiens n’étaient pas dans les réserves, plus l’attrait augmente. Un des plus anciens exemples existant de sac à pipe en peau tannée (avant 1850), brodée de grosses perles de verre bleu turquoise et blanc, s’est vendu en 2002 à Paris pour 56 400 euros. Alors qu’un modèle de sac à pipe indien du xxe siècle, avec broderie de perles, se négocie à partir de quelques centaines d’euros.

Les œuvres archaïques sont souvent moins décoratives que les objets de réserves. Ces derniers restent malgré tout authentiques, car, bien que destinés à être vendus aux Occidentaux, ils ont été réalisés de façon traditionnelle.
Les faux existent, mais les spécialistes peuvent les détecter. Les objets indiens sont de toute façon très difficiles à fabriquer. Par exemple, pour une coiffe, il est quasiment impossible de trouver des plumes d’aigles qui sont devenus des espèces protégées.

Le plus gros risque que court un amateur d’art indien est l’erreur de datation : acheter un objet du début du xxe siècle beaucoup trop cher en pensant qu’il date du milieu du xixe siècle. Si l’on n’est pas un collectionneur chevronné, mieux vaut demander conseil à un bon expert.

Où acheter des objets indiens

Denis Ghiglia, puces de Saint-Ouen, marché Vernaison (allée 1, stand 30), 99, rue des Rosiers, Saint-Ouen (93), tél. 06 08 54 65 36

Maison de ventes Ader, 3, rue Favart, Paris IIe, tél. 01 53 40 77 10, www.ader-paris.fr

Maison de ventes Binoche-Renaud-Giquello, 5, rue La Boétie, Paris VIIIe, tél. 01 47 42 78 01, www.binoche-renaud-giquello.com

Sotheby’s, 76, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIIIe, tél. 01 53 05 53 05, www.sothebys.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°625 du 1 juin 2010, avec le titre suivant : L’art des Indiens sort de la réserve

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