Vendredi 28 janvier 2022

Galerie

La galerie Eva Hober ferme, victime des crises

Par Anne-Cécile Sanchez · lejournaldesarts.fr

Le 29 septembre 2020 - 369 mots

PARIS

Placée en redressement judiciaire en décembre dernier, la galerie est aujourd’hui définitivement fermée.

Eva Hober. © Photo Jean Picon / Galerie Eva Hober, 2018
Eva Hober.
Photo Jean Picon, 2018
© Galerie Eva Hober

Les Gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites et le confinement auront eu raison de la Galerie Eva Hober dont la justice vient de prononcer la liquidation.

La galerie, qui avait emménagé en 2017 au 156 boulevard Haussmann, où elle avait fêté l’anniversaire de ses quinze ans, affichait une prédilection pour la peinture et la vidéo, ainsi que pour les artistes très actuels, comme Rebecca Bournigault, Jennyfer Grassi, Axel Pahlavi … 

En 2018, elle avait produit l’installation vidéo The Evil Eye, de Clément Cogitore, qui valut à l’artiste le prix Marcel Duchamp. Le coût de cette production – environ 140 000 euros avec le dispositif de monstration – constitua pour la galerie une dépense importante, sans véritable retour. En effet, et bien que la Fondation Louis Vuitton ainsi que la société Jérôme de Noirmont Production se soit, chacune, portée acquéreuse d’une édition de The Evil Eye, la fin de l’année 2018 fut marquée, avec le début des mouvements sociaux, par un ralentissement très net de son activité. « Il était devenu difficile de faire venir des gens dans le quartier en raison des manifestations. Et par ailleurs nous avions peu d’œuvres à vendre à ce moment-là » explique Eva Hober. 

« En 2019, cela a été la dégringolade », résume la galeriste, qui avait toujours tenu à demeurer indépendante et avait fait le choix de ne s’associer à aucun partenaire financier. Mi-décembre, dans l’incapacité de faire face à l’accumulation des frais fixes faute de recettes conséquentes, elle avait saisi le tribunal de Commerce et demandé un placement en redressement judiciaire, qui lui avait été accordé, et eut pour effet de « geler » les dettes en cours. 

Malgré « cette bouffée d’oxygène », le confinement décrété en mars, avec pour corolaire l’annulation de l’édition printanière d’Art Paris, à laquelle elle avait décidé cette année de participer, a réduit à néant tout espoir de rétablissement économique. La liquidation judiciaire qui s’ensuit aujourd’hui met fin « dans la douleur », à une aventure débutée en 2004 rue saint Claude. C’est d’autant plus regrettable que les artistes de la galerie devront également en faire les frais. 
 

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