Ventes publiques

La collection Périnet chez Christie’s Paris

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 9 juin 2021 - 488 mots

PARIS

À la recherche de chefs-d’œuvre toute sa vie, le marchand Michel Périnet, décédé récemment, a laissé une importante collection d’arts premiers peu vue jusqu’ici.

Paris. Le 23 juin, Christie’s disperse la collection d’arts premiers de Michel Périnet (1931-2020), ancien bijoutier et antiquaire parisien. L’ensemble comprend 60 œuvres d’art d’Afrique et d’Océanie pour une estimation de 17 à 23 millions d’euros. Infatigable collectionneur, Périnet a d’abord réuni un ensemble de bijoux Art nouveau, en particulier les bijoux signés Lalique, puis a collectionné des artistes de l’école de Pont-Aven. Il a ensuite jeté son dévolu sur des pièces Art déco – il a même été un temps le propriétaire du fameux Fauteuil « aux dragons » d’Eileen Gray, acheté à la Galerie Vallois, avant de le céder à Yves Saint Laurent et Pierre Bergé (vendu 22 M€ en 2009 chez Christie’s). Il s’est alors tourné vers la peinture moderne, notamment l’œuvre de Francis Picabia puis vers les arts d’Afrique et d’Océanie dans le courant des années 1970. « Contrairement aux autres grandes collections dispersées par le passé où il y avait un, deux, trois, quatre chefs-d’œuvre, ici il n’y a presque que des chefs-d’œuvre. Si je le pouvais, j’achèterais tout à part trois ou quatre objets », lance Bernard Dulon, l’un des trois experts avec Alain de Monbrison et Lance Entwistle. Le collectionneur leur avait confié le soin d’organiser cette dispersion sous le marteau de François de Ricqlès, revenu chez Christie’s pour l’occasion. « Michel Périnet était d’une exigence folle et d’une discrétion absolue. De nombreux objets n’ont pas été vus depuis au moins trente ans. Très peu de gens sont allés chez lui. C’était un collectionneur “placard” et non un collectionneur “vitrine” », souligne l’expert.

Estimations raisonnables

Chaque œuvre a fait l’objet d’une étude approfondie par les experts de la vente et les plus grands spécialistes dans chaque domaine, à l’instar de Bertrand Goy pour l’Afrique de l’Ouest, Michel Orliac pour l’île de Pâques ou Philippe Peltier pour la Micronésie, la Mélanésie et la Polynésie. Des notices très détaillées ont ainsi été rédigées, accompagnées d’estimations raisonnables. « Nous n’avons pas retenu la notion de “prix record” mais plutôt de “prix moyen” », indique l’expert. Parmi les lots figurent une Tête Fang, Gabon [voir ill.], qui a appartenu à Maurice de Vlaminck (estimation 2 à 3 M€) ; un masque-heaume Kota, Gabon, issu de la collection Jacques Doucet (est. 300 000 à 400 000 €) ; un masque Luba, RDC, de la collection belge René et Odette Delenne (est. 1,5 à 2 M€) ; une statue d’homme-lézard (tangata moko),île de Pâques (est. 200 000 à 300 000 €) ; un masque d’épaule Nimba Baga, Guinée (est. 800 000 à 1,2 M€) – le plus beau qui soit connu ; ou encore une statue moai kavakava , île de Pâques (est. 600 000 à 800 000 €), et un ornement de proue de pirogue, îles Marquises, de l’ancienne collection James T. Hooper (est. 300 000 à 400 000 €).

Collection Michel Périnet,
le 23 juin à 16 heures, Christie’s, 9, av. Matignon, 75008 Paris.

Thématiques

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°569 du 11 juin 2021, avec le titre suivant : La collection Périnet chez Christie’s Paris

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque