Mercredi 21 février 2018

La nouvelle « Biennale »

La Biennale des antiquaires se réinvente

Très attendu, l’événement phare de la rentrée ouvre ses portes au Grand Palais pour neuf jours d’exposition placés sous le signe du renouveau.

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 30 août 2016

Plus d’exposants, moins de joailliers, l’intégration de Paris Tableau, un rythme annuel : c’est une nouvelle Biennale des antiquaires qui ouvre ses portes face à une concurrence internationale accrue.

Plus étoffée, moins franco-française, la Biennale des antiquaires arbore un nouveau visage pour cette 28e édition qui se déroule du 10 au 18 septembre sous la nef du Grand Palais, à Paris. Créée en 1956, organisée jusqu’à aujourd’hui sur un rythme biennal, à partir de 2017 elle devient annuelle, « pour être sur un pied d’égalité avec Tefaf ou Masterpiece [les foires d’art et d’antiquités respectivement de Maastricht et de Londres] », indique Dominique Chevalier, président du Syndicat national des antiquaires (SNA), instance qui organise l’événement.

La manifestation accueille au total 124 exposants, un chiffre en hausse de 41 % puisqu’ils étaient 88 en 2014. Plus significatif, le nombre d’antiquaires a augmenté de 62,2 % : ils sont désormais 120 contre 74 il y a deux ans. Évolution de taille également, les exposants étrangers (78 français) sont au nombre de 43 contre 23 lors de la dernière édition, soit une augmentation de 87 %. « En 2014, les antiquaires étaient essentiellement français, ce qui ne fait pas se déplacer les gens du monde entier. Si les amateurs étrangers veulent voir les antiquaires français, ils viennent passer un week-end à Paris et n’ont pas besoin d’une Biennale pour ça. Pour un déplacement massif, il faut un contenu fort », explique Jean-Daniel Compain, transfuge de Reed Expositions, recruté en tant que directeur général de la Biennale pour conseiller le SNA.

Une quarantaine de marchands participent pour la première fois. Parmi eux, Aktis Gallery (Londres), Alberto Di Castro (Rome), Gabrielle Laroche (Paris), Talabardon & Gautier (Paris) ou encore Daniel Templon, qui profite de l’événement pour célébrer ses cinquante ans d’activité avec un clin d’œil à l’année de sa création, en 1966. Pourquoi une telle ouverture sur l’art contemporain ? « Nous voulions faire entrer une petite touche de modernité. Henri Loyrette, le président de la Biennale, y était très favorable. Mais que tout le monde se rassure, la Biennale ne deviendra pas la Fiac [Foire internationale d’art contemporain] ! », explique Dominique Chevalier.

En contrepartie, quelques défections, et non des moindres,  ont été enregistrées, telles celles des galeries Vallois, Oscar Graf, Bernard Dulon, Didier Claes, Phoenix Ancient Art, Christian Deydier, Siegelson, Gilgamesh, Hopkins, Moretti… Certains n’ont pas été retenus, quelques-uns n’ont pas accepté d’être placés à l’étage dans le salon d’honneur, quand d’autres ne souhaitent plus participer à l’événement. « Cette Biennale étant un renouveau, certains exposants nous ont dit : nous allons voir ce que vous faites cette année et peut-être que nous viendrons l’année prochaine », rapporte Dominique Chevalier avant d’ajouter : « On nous attend au tournant. »

Quant aux 14 joailliers présents il y a deux ans (Dior, Chanel, Cartier, Van Cleef & Arpels…), ils ont déclaré forfait et ont été remplacés par quatre nouveaux, à l’exemple de Boghossian Jewels ou de De Grisogono.

Deux expositions muséales
Antiquités, archéologie, Haute Époque, sculptures, mobilier et objets d’art, tableaux anciens, modernes et contemporains mais aussi arts d’Asie et arts premiers, toutes ces spécialités sont représentées. Certaines plus que d’autres puisque les tableaux anciens regroupent une trentaine de participants tandis que les arts premiers n’en comptent que trois – tous parisiens (Meyer, Mermoz et Yann Ferrandin) –, et que des domaines sont totalement absents, comme la photographie.

Pour parfaire l’ambiance, la scénographie a été confiée à l’agence de Nathalie Crinière, scénographe en vogue qui a misé sur des portes « pharaoniques » de 12 mètres de haut et un atrium central composé de miroirs de biais qui reflètent la verrière. Le plan au sol est un quadrillage, hormis au niveau de la rotonde centrale, où viennent prendre place les galeries, y compris sous les mezzanines. À l’étage, le salon d’honneur accueille onze marchands, dont le président du SNA ainsi que, pour la première fois, deux expositions non commerciales, l’une, « Tradition et audace », provenant du Mobilier national, centrée sur les créations des années 1960 jusqu’à nos jours, et l’autre, « Un siècle d’élégance française », axée sur le mobilier français du XVIIIe siècle conservé au Musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg).

Biennale des antiquaires

Organisateur : Syndicat national des antiquaires
Nombre d’exposants : 124
Tarif du stand : 900 € le mètre carré (selon l’emplacement)
Nombre de visiteurs en 2014 : 88 000

Grand Angle : La Biennale des Antiquaires 2016

  • La Biennale des antiquaires se réinvente Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.Image retirée.www.biennale-paris.com, entrée 35 €. Catalogue, 45 €.

    Légende Photo :
    Scénographie de la Biennale des antiquaires 2016 réalisée par Nathalie Crinière © Agence NC

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°462 du 2 septembre 2016, avec le titre suivant : La Biennale des antiquaires se réinvente

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque