États-Unis - Foire & Salon

Frieze à l’assaut des Etats-Unis

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 25 avril 2012 - 712 mots

NEW YORK / ÉTATS-UNIS

NEW YORK - Voilà de nombreux mois déjà qu’elle fait le « buzz », depuis que les dirigeants de la très médiatisée Frieze Art Fair londonienne, qui célébrera en octobre sa 10e édition, ont annoncé l’implantation d’une bouture à New York ; une petite sœur aux énormes ambitions, puisque ne s’attaquant rien de moins qu’à l’immensité du marché nord-américain et à son potentiel colossal.

L'Acela Express traversant Randall's Island - 2009 - Photo : Jim Henderson
L'Acela Express traversant Randall's Island.
Photo Jim Henderson, 2009

L’autre enjeu étant de doter cette incontournable métropole artistique d’un salon de premier ordre, chose que n’est toujours pas parvenu à faire l’Armory Show. Il ne faudra néanmoins pas aller trop vite en besogne pour évoquer une éventuelle redistribution des cartes, car si cette nouvelle manifestation risque inévitablement d’induire un changement de certaines habitudes, il ne sera certainement pas complètement mesurable dès cette année.

Le calendrier est malin ; à la fois printanier et accolé aux grandes ventes aux enchères qui drainent toujours un public nombreux même si, à terme, une fois retombée l’excitation due au lancement de la manifestation, il peut peut-être souffrir de sa grande proximité avec la Hongkongaise Art HK et l’incontournable Art Basel. La qualité des exposants et de leurs propositions sera donc là un facteur essentiel. Le site d’implantation est, quant à lui, une gageure : très éloigné au nord dans le Parc de Randall’s Island, une île située sur l’East River au niveau de la 125e Rue, face au Bronx. Si les systèmes de navettes fluviales et terrestres mis en place doivent être efficaces afin d’éviter des temps de transports trop longs, et inciter ainsi collectionneurs et visiteurs à revenir, l’atmosphère promet d’être verdoyante. Peu de foires se sont jusqu’à présent offert le luxe de s’installer dans une sorte de non-lieu, où le cabinet new-yorkais Solid Objectives – Idenburg Liu (SO – IL) a la charge d’aménager, comme à Londres, une structure temporaire faite de tentes couvrant une superficie de 23 000 m2, que les architectes affirment vouloir rendre iconique. Le parc sera en outre parsemé des projets de huit artistes sélectionnés tels Tim Rollins & K.O.S, Ulla von Brandenburg, Uri Aran ou Latifa Echakhch.
Avec 180 exposants en provenance de 30 pays – dont 60 Américains, 28 Britanniques, 25 Allemands et 11 Français, parmi lesquels Chantal Crousel, Frank Elbaz, Art : Concept, Emmanuel Perrotin ou Air de Paris – la liste se montre très attrayante réunissant des enseignes en pleine croissance comme T293 (Naples), Crystal (Stockholm), Hollybush Gardens (Londres) ou Plan B (Cluj), et des briscards rompus à la manœuvre tels Victoria Miro (Londres), Eva Presenhuber (Zürich), Sikkema Jenkins & Co (New York) ou Yvon Lambert (Paris).

Membre du comité de sélection, Esther Schipper (Berlin) estime que « l’idée n’était pas de couvrir tout un spectre comme à Bâle, mais d’adopter un profil très contemporain, à l’image de celui de Londres. Au-delà des jeunes enseignes, il existe un type de galeries qui ne vieillissent jamais, des galeries à programme qui sont toujours capables de montrer des jeunes artistes et ont des choses très demandées ».

À côté de la section générale, un secteur Focus sera dédié aux enseignes ouvertes après 2001 et présentant un maximum de trois artistes ; on y retrouvera entre autres Mary Mary (Glasgow), Jocelyn Wolff (Paris), James Fuentes (New York) ou Rodeo (Istanbul). Frame sera quant à lui toujours consacré aux jeunes pousses proposant un solo show, à l’instar de Meessen De Clercq avec le Mexicain Jorge Mendéz Blake, Lüttgenmeijer (Berlin) avec Ryan McLaughlin, Bureau (New York) avec Justin Matherly ou Marcelle Alix (Paris) avec Charlotte Moth. Cofondatrice de la galerie qui n’a jamais fait le voyage de Londres, Isabelle Alfonsi souligne que « nous n’avons jamais participé à Frieze car la proximité avec la Fiac est un problème, mais Frieze New York nous semble idéale pour entamer un travail sur le marché américain où nous avons déjà quelques contacts ».
Désormais devenue internationale, la marque Frieze doit convaincre que réalités économiques et succès de communication ne seront pas en décalage ; les attentes, tant des marchands que du public, sont conséquentes.

Frieze New York

Directeurs : Amanda Sharp et Matthew Slotover
Nombre d’exposants : 180
Prix du mètre carré : 700 dollars (533 euros env.) pour la section principale

Du 4 au 7 mai, Randall’s Island Park, New York, www.friezenewyork.com, 4-5 mai 12h-19h, 6-7 mai 12h-18h

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°368 du 27 avril 2012, avec le titre suivant : Frieze à l’assaut des Etats-Unis

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