Foire & Salon

SALON

Fine Arts Paris prend de la surface

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 5 novembre 2021 - 743 mots

PARIS

Après quatre éditions – dont une en ligne –, le salon parisien s’ouvre à de nouvelles spécialités, élargissant son spectre et le nombre de ses exposants.

Le stand de la galerie R+V à Fine Arts Paris avec au premier de plan le buste d'Antonio Canova de Raimondo Trentanove (XIXe) et Superficie Bianca d'Enrico Castellini (1970). © Photo Ludovic Sanejouand, le 6 novembre 2021
Le stand de la galerie R+V à Fine Arts Paris avec au premier de plan le buste d'Antonio Canova de Raimondo Trentanove (XIXe) et Superficie Bianca (1970) d'Enrico Castellini.
© Photo Ludovic Sanejouand, le 6 novembre 2021

Paris. Inauguré en 2017 au palais Brongniart, Fine Arts Paris – installé au Carrousel du Louvre depuis 2018 – revient pour sa 3e édition, du 6 au 11 novembre. L’an passé, le salon avait été annulé pour cause de crise sanitaire, mais une version en ligne avait vu le jour – elle est reconduite cette année. Et alors que la manifestation devait s’installer sous une tente dans la cour du dôme des Invalides dès 2019, le projet est à nouveau reporté pour cause de travaux dans l’espace initialement prévu. En revanche, le salon occupe désormais trois des quatre halls du Carrousel au lieu de deux, ce qui a permis d’agrandir les stands, et dispose de la totalité du hall d’entrée – qu’il partageait avec un autre salon pendant les éditions précédentes. Aussi, les organisateurs en ont profité pour solliciter le décorateur Jacques Garcia, qui a imaginé un décor de théâtre composé de panneaux en trompe-l’œil.

Créée par les fondateurs du Salon du dessin, la foire avait pour vocation, à l’origine, de n’accueillir que des spécialités se rattachant aux Beaux-Arts (peinture, sculpture et dessin). Mais dès 2019, l’archéologie et la tapisserie ont fait leur entrée, rejointes cette année par les arts extra-européens, tels que les arts premiers, avec la galerie Patrick & Ondine Mestdagh, et les arts asiatiques, avec les galeries Tanakaya et Christian Deydier, mais aussi la joaillerie (Véronique Bamps et Walid Akkad) et la bibliophilie, avec la librairie Clavreuil. « La place de Paris bénéficiant de marchands de renommée internationale dans beaucoup de domaines, nous souhaitons développer le salon dans ces secteurs pour devenir un pôle d’attractivité pour le marché de l’art », explique Louis de Bayser, président du salon. L’intégration de ces nouveaux domaines et l’arrivée de vingt et une nouvelles galeries portent donc le nombre d’exposants à cinquante-cinq – contre quarante-six en 2019 – dont douze étrangers, venus de Belgique, d’Angleterre, d’Italie ou de Suisse.

La peinture ancienne reste le pilier de la manifestation, avec une quinzaine de marchands. Le visiteur peut ainsi s’arrêter devant le portrait d’un pur-sang, Dollar, a Bay Hunter in a loose Box par Jean-Léon Gérôme (1868), à la galerie de Bayser (85 000 €) ; découvrir Le Sculpteur Frédéric Hexamer modelant un vase en grès dans l’atelier Haviland d’Édouard Dantan (1883), dont l’une des spécialités était les vues d’ateliers, à la galerie Terrades (autour de 25 000 €), ou encore admirer La Piété des anciens Gaulois, de Nicolas Legrand de Lérant, conservé jusqu’en 1950 au Musée des beaux-arts de Berne (entre 90 000 et 120 000 €), chez Baulme.

Rares sculptures d’Aristide Maillol

La sculpture est également un des domaines phares, grâce à la présence de plusieurs galeries spécialisées, telles que Sismann, Xavier Eeckhout, Ratton-Ladrière, Trebosc & Van Lelyveld, Univers du Bronze ou encore la galerie Malaquais. Cette dernière expose un ensemble d’une quinzaine de sculptures d’Aristide Maillol, des années 1900-1910, éditées par le marchand Ambroise Vollard et issues de l’atelier du fondeur Florentin Godard, dont une pendule, dite « Les deux sœurs », avant 1902, épreuve en bronze. « Quinze ans de recherche ont été nécessaires pour rassembler ces œuvres », précise Jean-Baptiste Auffret, le fondateur de la galerie (prix entre 45 000 et 380 000 €).

Dans les autres spécialités, on peut découvrir une tabatière en or au chiffre du tsar Nicolas Ier, par Johann Wilhelm Keibel (Saint-Pétersbourg, 1825-1855), proposée à 60 000 euros chez Royal Provenance – une nouvelle recrue ; un khanjar (poignard) moghol à la tête de cheval en ivoire (Inde, XVIIe siècle), estimé entre 20 000 et 50 000 euros et un tambour Mangbetu, nedungo, de la République démocratique du Congo (autour de 90 000 €) chez Patrick et Ondine Mestdagh. À la galerie Steinitz, c’est une paire de vases Borghese en marbre blanc et bronze doré, Rome, vers 1790, provenant de la collection d’Alfred de Rothschild que l’on peut admirer, quand chez Rosenberg & Co, une gouache de Jean Crotti, Prière Bolcheviki (1920), est accrochée.

Si cette année Fine Arts Paris et la Biennale (anciennement Biennale des antiquaires) se tiennent quasiment le même mois, « il est certain qu’il ne peut pas y avoir deux salons à quinze jours d’intervalle dans la même ville, il faudra donc prendre une décision. Et ce qui est sûr, c’est que je veux que Fine Arts continue à progresser », confie Louis de Bayser.

Fine Arts Paris,
du 6 au 11 novembre, au Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°576 du 29 octobre 2021, avec le titre suivant : Fine Arts Paris prend de la surface

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