Dimanche 22 juillet 2018

Ventes publiques

Enchères publiques : les écarts continuent de se creuser

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 10 avril 2018 - 526 mots

PARIS

Le rapport annuel du Conseil des ventes volontaires montre des écarts toujours plus grands entre les acteurs et entre les disciplines.

Vente Christie's Paris, 2017
Vente Christie's Paris, 2017
©Christie's Images ltd. 2018

Si les adjudications d’art et objets de collection pour l’année 2017 continuent de croître avec une progression de 5,4 % pour atteindre 1,47 milliard d’euros* contre 1,39 milliard en 2016, ces chiffres masquent des écarts qui ne cessent de se creuser.

Ainsi, les trois premiers opérateurs du classement des 20 plus grands OVV en France continuent de distancer les 17 autres. Christie’s, en tête, suivi de Sotheby’s et Artcurial cumulent 626 millions d’euros d’adjudication, soit une croissance de 16 % alors que le reste totalise 316 millions d’euros, enregistrant une progression de seulement 1 %. Et la concentration ne fait que s’amplifier puisque ces 20 premières maisons de vente détiennent 64,2 % de part de marché contre 61 % en 2016. Aussi, les 383 autres OVV français ne se partagent plus que 35,8 % du marché contre 39 % en 2016 alors même que leur nombre reste inchangé.

Un autre décrochement s’accélère, celui des arts et antiquités traditionnels par rapport aux arts des XXe-XXIe siècles, marquant clairement une prédominance pour la seconde catégorie. Ainsi, l’art d’après-guerre et contemporain qui représente pour la première fois le secteur le plus important dans la catégorie « art et antiquité » fait un bond de 31 % enregistrant 239 millions d’euros tandis que l’art impressionniste et moderne d’une part et les arts décoratifs du XXe d’autre part, progressent respectivement de 22 % (208 M€) et 45 % (98 M€). Ce secteur pèse ainsi 64 % des adjudications (contre 53 % en 2016) alors que les arts dits anciens - à l’exception des tableaux et dessins (+ 5 %) - soit le mobilier, les objets d’art, l’archéologie et les arts extra européens, s’effondrent (- 25 % en moyenne).

Les choses risquent de se compliquer pour les petites structures qui représentent pourtant 95 % des OVV français mais ne se partagent que 36 % du marché, surtout si elles ne prennent pas part à la course aux ventes d’art contemporain et de design. Mais comment le pourraient-elles, maintenant que le duopole Christie’s - Sotheby’s détient 80 % de parts de marché en art contemporain, d’après l’étude réalisée par le CVV à partir des résultats cumulés des 12 opérateurs les plus actifs dans ce segment du marché ?

Après Artprice et Art Basel, le CVV aussi livre ses chiffres mondiaux pour l’année 2017. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces rapports se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que rapport Art Basel a annoncé mi-mars 23 milliards d’euros (28,5 millions de dollars) cumulés pour les ventes aux enchères dans le monde, le CVV en annonce 28 milliards (+ 6,1 %) et une baisse du nombre de sociétés de vente dans le monde 2,6 %. Là encore, la concentration s’intensifie autour des 10 premiers opérateurs mondiaux puisqu’ils détiennent plus de la moitié du marché, soit 53 % (contre 50 %) quand les 3 022 autres se partagent les 47 % restants, accentuant le décrochage.

La Chine est toujours en tête du marché des ventes publiques, puis les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France en 4e position (avec 6 %).

note

* Montant hors frais de ventes, comme pour les autres montants indiqués dans le texte.

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