Dimanche 25 octobre 2020

Art contemporain

Christie’s toujours en tête

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 20 mai 2015 - 519 mots

Christie’s confirme sa longeur d’avance, tandis que Sotheby’s obtient de bonnes performances pour les artistes les plus contemporains.

NEW YORK - Cette année, les millions pleuvent à nouveau sur l’art contemporain à New York. Et si les cartes sont rebattues par Christie’s avec l’organisation de sa vente « Looking forward to the past » mêlant des chefs-d’œuvre de tout le XXe siècle (lire p. 25), ce n’est que l’occasion de montrer à nouveau sa supériorité dans le domaine de l’art contemporain. « Christie’s prend un leadership très puissant. La maison bouscule les calendriers et avec ses dix records du monde le premier soir, c’est elle qui a donné le ton de la semaine » note Laurence Dreyfus, art adviser.

Avec 584,6 millions d’euros récoltés (658,5 M $), la vente du soir de Christie’s n’égale évidemment pas celle de l’an dernier, mais elle confirme qu’elle n’avait pas épuisé ses dernières ressources la veille. Un superbe Rothko couleur rouille de 1958 a frôlé le record de l’artiste, en obtenant 72,7 millions d’euros (81,9 M $). Les portraits de femmes, dans des genres aussi différents que possible, ont fait florès : Warhol et sa Colored Mona Lisa (1963) cédé à Gagosian, Lucian Freud et son nu grandeur nature de Sue Tilley, Benefits Supervisor Resting, (adjugés chacun 49,8 millions d’euros (56,1 M $), ou encore Bacon et son Portrait d’Henrietta Moraes (1963), vendu 42,4 millions d’euros (47,7 M $). Outre celui de Freud, de nouveaux records ont été enregistrés pour Robert Rauschenberg, Hans Hoffman, Robert Ryman, Sturtevant et Giovanni Anselmo. Autre succès, la collection de la galeriste Ileana Sonnabend s’est intégralement vendue, doublant son estimation.

Deux stratégies différentes
Loin derrière avec un résultat de 334,1 millions d’euros (379,6 millions de dollars), Sotheby’s n’a pourtant pas démérité, avec une vente plus contemporaine que Christie’s. Les stars attendues n’ont pas été celles qui ont le plus brillé : The Ring (1962), bague de fiançailles géante de Roy Lichtenstein, vendue 36,5 millions d’euros (41,7 m$), et Untitled (yellow and blue) (1954) de Rothko, cédée 40,6 millions d’euros (46,5 M $) ont toutes deux manqué leur estimation. Mais la maison peut se réjouir d’avoir triplé le précédent record de Sigmar Polke, grâce à Dschungel (Jungle), et d’en avoir également enregistré pour Christopher Wool, Mark Grotjahn, Thomas Struth et Danh Vô. « Il faut noter les très bons résultats obtenus pour les artistes les plus contemporains. Chez Philips par exemple, ce n’était pas le cas, alors que ce sont traditionnellement les meilleurs dans ce domaine », observe Laurence Dreyfus. Comment expliquer pourtant la distanciation de Sotheby’s ? « Chez Christie’s, c’est une seule tête qui dirige. Chez Sotheby’s, c’est plus compliqué, car il y a les actionnaires. Et Christie’s ne cesse de faire de nouvelles propositions », répond l’art adviser. Avec cette semaine folle, les maisons de ventes ont gagné le pari de faire absorber au marché plus de chefs-d’œuvre contemporains qu’elles ne l’avaient jamais fait en un temps si réduit, confirmant s’il en était besoin que l’art est un placement qui a la cote.

Note

(1) Tous les prix s’entendent frais compris sauf les estimations indiquées hors frais acheteurs.

SOTHEBY’S 
Art contemporain, le 12 mai
Résultats : 334,10 M € (379,6 M $)
Nombre de lots vendus : 53 sur 63
Taux de vente : 87,3 %

CHRISTIE’S
Art contemporain, le 13 mai
Résultats : 584,60 M € (658,5 M $)
Nombre de lots vendus : 72 sur 82
Taux de vente : 88 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°436 du 22 mai 2015, avec le titre suivant : Christie’s toujours en tête

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