Vendredi 25 septembre 2020

Art contemporain

Really Good de David Shrigley : un pouce levé, vraiment ?

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 3 octobre 2016 - 434 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [03.10.09] – La sculpture en bronze de sept mètres de haut imaginée par l’artiste britannique David Shrigley pour le « Quatrième Socle » de Trafalgar Square divise. Représentant un pouce levé anormalement grand, c’est un signe d’encouragement au lendemain du Brexit pour les uns, un symbole phallique pour les autres.

Le Fourth Plinth, littéralement le « Quatrième Socle » de Trafalgar Square, est un rendez-vous attendu et débattu de l’art contemporain à Londres. Construit en 1841 sur la célèbre place de Westminster pour supporter une statue de William IV, le socle est de fait toujours resté vide à défaut de trouver les fonds nécessaires. Depuis 1998, il fait l’objet d’une commande publique et réserve chaque année son lot de surprise.

Pour cette 11e édition, c’est une sculpture en bronze de l’artiste David Shrigley qui est érigée sur sept mètres de haut. Intitulée Really Good, elle représente un point fermé, le pouce levé, tellement haut que ce « bravo » prend des proportions exagérées. Au lendemain du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, comment faut-il interpréter un tel signe positif ? L’œuvre de David Shrigley se veut une prophétie ; « toutes les choses considérées comme mauvaises, comme l’économie, le climat et la société, vont bénéficier d’un changement de consensus au profit du positif », explique l’artiste. Le maire de Londres, Sadiq Khan, qui inaugurait la statue le 29 septembre, y voit effectivement un symbole de « positivité optimiste ».

Mais au-delà de ce que veulent laisser croire l’artiste, la municipalité ou les médias, d’autres voix s’élèvent déjà, à l’instar de celle de Jonathan Jones, journaliste et critique d’art du Guardian. Car la sculpture montre un versant plus cru, lorsqu’on se tient face à la National Gallery : « [sa silhouette] n’est ni affirmative, ni réconfortante, mais agressive, pour ne pas dire phallique, disgracieuse et hystériquement véhémente ».

Né en 1968 le Britannique David Shrigley vit et travaille à Brighton et a été nominé au Turner Prize en 2013. Son travail s’inspire de la tradition britannique de la satire et reflète l’absurdité de la société contemporaine. Représenté par les galeries Stephen Friedman (Londres), Anton Kern (New York) et Nicolai Wallner (Copenhague), son travail a été montré à l’occasion de nombreuses expositions (notamment chez Yvon Lambert en 2011). Il est actuellement à l’affiche du Printemps de Septembre à Toulouse.

Ces dernières années, ont également trôné sur le Fourth Plinth le coq géant Hahn/Cock de l’artiste allemande Kathaina Fritsch (2013), Powerless Structure, Fig 101 du duo nordique Elmgreen & Dragset (2012) ou encore Alison Lapper Pregnant de Marc Quinn (2005).

Légende photo

Really Good, sculpture en bronze de l’artiste David Shrigley à Trafalgar square © Photo : Gautier Deblonde

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