Foire

Arco, un peu de politique mais pas trop

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 28 février 2019 - 468 mots

MADRID / ESPAGNE

La foire madrilène qui se veut une fenêtre sur l’Amérique du Sud regarde distraitement la crise au Venezuela. 

La foire Arco à Madrid, le 27 février 2019 - Photo Alexia Lanta Maestrati pour le JdA
La foire Arco à Madrid, le 27 février 2019
© Photo Alexia Lanta Maestrati pour Le Journal des Arts

Arco accueillait hier, mercredi, dès 11h ses premiers VIP venus en nombre. Comme en 2018 , la foire ouvrait ses portes sur une œuvre polémique de Santiago Sierra. Alors que l’an dernier la série Prisonniers politiques de l'Espagne contemporaine avait été censurée et retirée, cette année c’est une sculpture géante représentant le roi d'Espagne Felipe VI, de Santiago Sierra et Eugenio Merino (Galerie Ida Pisani) qui fait débat. L’œuvre est en vente pour 200 000 euros, à la condition que l’acheteur s’engage à la brûler comme les Ninot lors de la fête des Fallas de Valence. Felipe doit venir aujourd’hui. Chacun attend avec impatience la rencontre avec sa sculpture.

Situé au nord de Madrid dans un bâtiment impersonnel avec une scénographie standard, la foire accueille cette année 203 galeries, un peu moins (211) que l’an dernier. Arco est la grande foire d’art contemporain espagnole. Contrairement à la Fiac et la Frieze qui se veulent internationales, Arco cultive son identité de porte d’entrée de la scène espagnole et sud-américaine. Cette année toute une section est consacrée au Pérou. 

Santiago Sierra et Eugenio Merino, sculpture géante représentant le roi d'Espagne Felipe VI, en vente pour 200 000 euros avec condition de la brûler - Alexia Lanta Maestrati
Santiago Sierra et Eugenio Merino, sculpture géante représentant le roi d'Espagne Felipe VI, en vente pour 200 000 euros avec condition de vente de la brûler
© Photo : Alexia Lanta Maestrati pour Le Journal des Arts

Curieusement, la crise vénézuélienne est peu présente. Il y a bien quelques œuvres politisées comme la vidéo Carretilleras on the Simón Bolivar International Bridge montrant le passage de denrées alimentaires de la Colombie au Venezuela de Teresa Margolles (Mor Charpentier) ou les paillassons de Pepe López à la Galerie Barro (Argentine), symbole de la déchéance des institutions culturelles vénézuéliennes, mais pas plus. 

Deux galeries de Caracas ont cependant fait le déplacement, avec des pièces plutôt sages, ainsi les installations géométriques de Magdalena Fernández et les constellations tissées du duo María Eugenia Davilla et Eduardo Portillo à la Galerie Carmen Araujo Arte ou le bestiaire de Sheroanawë Hakihiwe à la Galerie Abrra « Nous avons également des artistes qui s'intéressent à la politique, nous en présentions l’an dernier. Mais cela ne se vend pas, et nous avons le devoir de vendre nos artistes, pour eux comme pour nous » explique le directeur de la Galerie Carmen Araujo Arte. 

Côté commerce, comme toujours certains ont mieux vendu que d’autres. Mor Charpentier avait cédé six pièces en début d’après-midi notamment du Colombien Carlos Motta et de l’Espagnol Lara Almarcegui tandis qu’Álvaro Alcázar (Madrid) avait vendu avant même l’ouverture sa pièce phare de Juan Garaizabal (60 000 euros hors taxes). Cependant à la galerie espagnole Cayón qui présente des œuvres d’artistes plus établis (Carlos Cruz-Díez,Soto), ou encore pour  la Galerie Bendana Pinel qui montre notamment les toiles déchirées et recousues de la chilienne Francisca Aninat, le démarrage était plus lent, « il me semble qu’il y a un peu moins de monde que les années précédentes. Mais Arco est une foire où nous vendons tous les jours » explique le directeur.

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