Foire

Arco Madrid garde le cap

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 28 février 2020 - 524 mots

MADRID / ESPAGNE

Dotée d’une nouvelle directrice, la foire d’art contemporain madrilène reste fidèle à sa ligne, tout en proposant quelques nouveautés.

Les allées de la foire Arco à Madrid, le 26 février 2020 © Arco
Les allées de la foire Arco à Madrid, le 26 février 2020
© Arco

Madrid. La 39e édition d’Arco, qui se tient jusqu’au 1er mars dans l’Ifema, le palais des congrès de Madrid, est la première sous la houlette de Maribel López qui remplace Carlos Urroz à la direction depuis 2011, désormais à la tête du Thyssen-Bornemisza Art Contemporary Foundation à Madrid. Cette ancienne galeriste connaît bien les rouages d’Arco pour y avoir occupé différents postes depuis 2011 (chargée de la section consacrée aux jeunes artistes et directrice commerciale). Cependant, cette année, aucun changement majeur ne sera visible ; « il est important pour le marché que la foire demeure comme elle est, car Arco a une excellente réputation. Les changements se feront petit à petit. En tout cas, ils sont en préparation », souligne-t-elle.

En effet, elle aurait tort d’en modifier la recette, tant la foire d’art moderne et contemporain, la plus importante du pays, a su s’insérer dans le calendrier chargé des rendez-vous internationaux, comme en témoignent les quelque 100 000 visiteurs venus en 2019 (soit légèrement plus que la Fiac qui en dénombre 75 000) et le contingent de galeries internationales qui fait le déplacement.

Une de ses particularités réside dans sa taille imposante, et cette édition ne déroge pas à la règle puisqu’elle accueille 209 galeries. La sélection est qualitative, avec 66 % de marchands étrangers et un taux de renouvellement de 25 %.

Si de grandes galeries sont présentes (Galleria Continua, Hauser & Wirth, Thaddaeus Ropac, Richard Saltoun, ou Perrotin), elle n’est pas non plus phagocytée par les poids lourds (pas de Gagosian, de Pace ou de David Zwirner), ce qui permet d’en découvrir de moins connues, notamment celles venues du continent sud-américain – car la foire se veut un pont entre l’Europe et l’Amérique latine.

Ainsi 31 galeries de cette partie du globe font le déplacement – contre 44 en 2019. Les deux pays les plus représentés sont le Brésil et l’Argentine (avec respectivement 9 et 8 galeries), économiquement les plus puissants de cette zone. En revanche, les deux galeries vénézuéliennes présentes l’an passé ne reviennent pas. S’ajoute également un grand nombre de galeristes qui en profitent pour montrer des artistes de cette contrée. Signalons la galerie française Perrotin qui, de retour après de longues années d’absence, propose un ensemble d’œuvres de l’artiste mexicain Gabriel Rico, ou la Galleria Continua, qui consacre son stand au Cubain Carlos Garaicoa.

Si peu de changements sont à attendre dans la sélection des galeries, de nouvelles tendances s’expriment au niveau des propositions artistiques. Une des volontés de Maribel López est d’augmenter le nombre d’expositions personnelles et de duos – une formule qui, dans les foires, procure une meilleure lisibilité. Ce millésime en recense ainsi 36 % contre 18 % en 2019.

Autre nouveauté, la section consacrée à un pays invité disparaît (on y avait vu notamment la Colombie, l’Argentine ou le Pérou). Elle est remplacée par un thème : It’s Just a Matter of Time (C’est juste une question de temps) qui propose une sélection de 16 artistes de 13 galeries, dont le travail est une relecture de l’œuvre du Cubain Felix Gonzalez-Torres.

Arco Madrid,
jusqu’au 1er mars, Ifema, Madrid, Espagne.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°540 du 28 février 2020, avec le titre suivant : Arco Madrid garde le cap

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