Galerie

Almine Rech prend pied en Chine, à Shangaï

Par Sindbad Hammache · lejournaldesarts.fr

Le 22 juin 2019 - 762 mots

SHANGHAÏ / CHINE

Comme de nombreuses grandes galeries, Almine Rech s’implante en Asie pour s’ouvrir à un marché en pleine expansion.

Façade de la nouvelle galerie Almine Rech à Shanghaï © Photo Alessandro Wang / Courtesy Almine Rech
Façade de la nouvelle galerie Almine Rech à Shanghaï
© Photo Alessandro Wang
Courtesy Almine Rech

Après Paris, Londres, Bruxelles et New York, le cinquième espace de la galerie Almine Rech ouvrira ses portes le 12 juillet à Shangaï. A l’instar des autres galeries importantes, elle s’implante en Asie pour profiter d’une clientèle locale émergente et bien décidée à rattraper son retard sur l’Occident. La galeriste parisienne a préféré Shanghaï à Hongkong  où cinq enseignes se sont installées en à peine deux ans.

Comme beaucoup de ses confrères, Almine Rech a fait le constat d’un marché asiatique en rapide évolution mais où les ventes se font majoritairement à des clients asiatiques. « Par le passé, nous vendions davantage à des clients européens et américains », se souvient-elle pour le site Artnet. La clientèle asiatique est jeune et impatiente, contrairement aux acheteurs occidentaux dont les collections sont souvent déjà bien fournies. « En Chine, ils ont faim. Ils n’en ont pas eu assez. Et ils ont soif d’en savoir plus. », résume la galeriste.

Installée au 27 Huqiu Road, partageant le même bâtiment que Perrotin et Lisson, à quelques mètres du Rockbund Art Museum et de l’antenne locale de Christie’s, Almine Rech proposera en ouverture une exposition réunissant Günther Förg, John Armleder et Sylvie Fleury. A ce nouvel espace sur la « museum road » de Shanghaï, s’ajoutera, en juillet, une exposition des artistes de la galerie au Song Art Museum de Pékin. 

Une stratégie d’implantation en Asie qui sort du sentier habituel : la porte d’entrée classique vers le marché asiatique reste Hongkong. En 2017, expliquant sa stratégie d’expansion vers l’Asie, Brett Govry (Lévy Govry) déclarait : « De notre point de vue, Hongkong est là où l’accès à la crème des collectionneurs est le plus facile ». Pour Marc Payot d’Hauser & Wirth, la baie de Hongkong « est le moyen le plus simple d’accéder à ce marché ». Tous témoignent de la facilité avec laquelle les affaires sont conclues à Hongkong, bien plus que sur le continent.

Mais dans un entretien pour Artnet, Brett Govry tempérait : « Le problème avec Hongkong, comme bientôt à Londres, c’est que c’est une place financière : les gens y convergent à des moments précis, mais il y a ensuite de long moment où la ville se vide. Pour une galerie, c’est difficile d’y construire un programme, à moins d’être un géant comme Gagosian ou Zwirner ». Almine Rech dit avoir longtemps hésité entre Hongkong et Shangaï. « Mais Shangaï est un endroit plus aventureux, avec moins de galeries » explique-t-elle.

Alors que les grandes galeries s’installaient à Hongkong au début des années 2010 (Gagosian en 2011, Perrotin en 2012, Lehmann Maupin en 2013), aujourd’hui Shangaï semble avoir la préférence. L’ancienne concession anglaise n’est toutefois pas délaissée : en mars dernier, Levy Govry y a implanté sa première galerie asiatique, et en 2018, David Zwirner a posé ses valises au H Queen’s Building, nouvel écrin hongkongais des grandes galeries d’art contemporain 

En 2017, Hauser & Wirth et Lévy Govry ont joué prudemment le rôle de pionniers à Shangaï, en y ouvrant des bureaux : pas de galeries à proprement parler, mais une structure capable d’organiser des évènements sur le continent et de se familiariser avec la clientèle chinoise. A l’automne 2018, Perrotin s’installe dans le bâtiment d’Huqiu Road, suivi par Lisson à l’hiver 2019, et désormais Almine Rech. Il est vrai qu’en Chine le marché des ventes publiques est plus développé que celui des ventes en galerie.
 

 

Nbre total de galeries

Hong Kong

Shangaï

Beijing (Pékin)

Séoul

Tokyo

Total Asie

Gagosian

16

1 (2011)

 

 

 

 

1

Pace Gallery

10

2 (2014, 2018)

 

1 (2008)

1 (2017)

 

4

Hauser & Wirth

8

1

Bureaux (2017)

Bureaux (2017)

 

 

1

Perrotin

8

1 (2012)

1 (2018)

 

1 (2016)

1 (2017)

4

Ropac

5

 

 

 

 

 

0

Lisson

5

 

1 (2019)

 

 

 

1

Almine Rech

5

 

1 (2019)

 

 

 

1

Lehmann Maupin

4

1 (2013)

 

 

1 (2017)

 

2

Lévy Govry

4

1 (2019)

Bureaux (2017)

 

 

 

1

David Zwirner

4

1 (2018)

 

 

 

 

1

Massimo de Carlo

4

1 (2016)

 

 

 

 

1

Simon Lee

3

1 (2012)

 

 

 

 

1

White Cube

3

1 (2012)

 

 

 

 

1

Blum & Poe

3

 

 

 

 

1 (2012)

1

Ben Brown Fine Arts

2

1 (2009)

 

 

 

 

1

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