Une ombre au tableau

Par Élisabeth Santacreu · Le Journal des Arts

Le 24 mai 2017 - 216 mots

Emil Bührle, fabricant d’armes de 1924 à sa mort, allié des puissances de l’Ouest dans la guerre froide, a été soupçonné d’avoir tiré parti de la situation des œuvres spoliées dont il faisait l’acquisition pendant la Seconde Guerre mondiale et d’avoir été dispensé d’en restituer certaines.

En 2015 paraissait Schwarzbuch Bührle (Le livre noir Bührle) de Thomas Buomberger et Guido Magnaguagno (Rotpunktverlag) reprenant ces accusations et mettant en cause d’autres œuvres que les treize tableaux restitués par le collectionneur. C’est le cas de Champ de coquelicots près de Vétheuil de Monet, acquis auprès de Fritz Nathan en 1941 après être passé chez Walter Feilchenfeldt. Les héritiers de Max Emden, acquéreur de cette œuvre en 1928, avaient demandé des comptes à la Fondation Bührle. « Nous avons pu rencontrer en 2012 un petit-fils de Max Emdem à ce sujet, précise Lukas Gloor. Nous lui avons démontré que son père, Hans Erich, qui avait hérité de l’œuvre en 1941, l’a vendue la même année avant de quitter la Suisse pour le Chili, sans avoir jamais été forcé à cette vente. Depuis cette rencontre, nous n’avons eu aucun contact avec la famille Emden. » C’est pour lever de telles incertitudes, de la part des familles spoliées autant que de la Fondation, qu’a été mené à bien l’énorme travail de catalogage publié à l’occasion de l’exposition de l’Hermitage.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°480 du 26 mai 2017, avec le titre suivant : Une ombre au tableau

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