Dimanche 26 janvier 2020

Art ancien

Un vent de romantisme russe souffle à Paris

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 27 octobre 2010 - 401 mots

PARIS

Dans le cadre de l’année France-Russie, le musée de la Vie romantique réunit soixante-quinze œuvres réalisées par des artistes russes dans la première moitié du XIXe siècle.

Présentés pour la première fois en France, ces peintures, sculptures et dessins, datant de l’époque de Gogol et de Pouchkine, appartiennent au courant romantique russe, un mouvement bien différent du romantisme européen.

À la différence des artistes français, anglais, allemands et italiens de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle qui s’opposent à la régularité classique et au rationalisme philosophique des siècles antérieurs, les artistes romantiques russes ne peuvent s’appuyer sur une longue tradition artistique et littéraire et se nourrissent dans un premier temps des influences étrangères. « Contrairement à l’Europe, en Russie, le romantisme et le classicisme se superposent, note Dominique Fernandez, de l’Académie française et préfacier du catalogue. Les artistes des années 1830 avaient la double obligation d’écouter leur cœur et de fixer des règles ».

L’émancipation de la peinture se faisant par l’Italie, de nombreux artistes russes voyagent à Naples ou à Rome, où ils réalisent des chefs-d’œuvre. Envoyé à Rome à vingt-deux ans, Karl P. Brioullov, l’un des artistes les plus connus de cette époque peint en 1830 Le Dernier Jour de Pompéi, l’œuvre qui fit sa gloire. À partir des années 1825, les artistes russes prônent de plus en plus souvent les valeurs nationales. Ils choisissent des sujets slaves et exaltent, à travers leurs paysages ou leurs portraits intimes, l’authenticité de la nature humaine, la beauté de la nature, avec une intensité toute slave.
Lorsque Maxime N. Vorobiev peint en 1842 son Chêne foudroyé par un éclair, il représente une nature inquiète, un arbre ravagé par le vent et traversé d’un éclair qui semble déchirer la toile. Emprunte d’une grande intensité et d’une réelle poésie, l’œuvre est une allégorie de la tristesse de l’artiste, dont la femme vient de mourir. Dans son portrait dessiné du comte Egor E. Komarovski (1823), Oreste A. Kiprenski met en valeur le raffinement du personnage et parvient à saisir son caractère romantique, pensif et rêveur.

Également en vogue à l’époque, la représentation des intérieurs se veut un genre aussi intime que celui des portraits. On pénètre ainsi dans le salon d’une jeune femme penchée sur son livre, entourée d’un mobilier bourgeois et fleuri, dans une ambiance poétique, où l’on sent bien cette « manière de sentir » propre au romantisme.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°629 du 1 novembre 2010, avec le titre suivant : Un vent de romantisme russe souffle à Paris

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