Quoi de neuf Picasso ?

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 19 septembre 2013 - 2819 mots

Le 8 avril 1973, le monde de l’art s’effondre sur lui-même. Reclus, Picasso disparaît dans son mas Notre-Dame-de-Vie. « Le peintre Pablo Picasso est mort ce matin dans sa maison de la Côte d’Azur, à l’âge de 91 ans. Il est considéré comme l’artiste qui a inventé l’art du XXe siècle », annonce le flash spécial qui interrompt le programme télé.

Commencent alors quatre années d’inventaire d’une œuvre en tout point hors norme, et une succession complexe qui va passionner la France jusqu’à ce titre de L’Express, en 1977 : « 1 251 673 200 francs : l’héritage du siècle ». Plus d’un milliard deux cents millions de nouveaux francs, une somme ! Et encore, note Olivier Widmaier-Picasso, petit-fils de l’artiste, dans son excellent Picasso, portraits de famille sorti en 2002, « nous étions […] loin du compte ». Loin du compte, en effet. Car à sa mort, Picasso ne lègue pas seulement à ses héritiers des biens d’une valeur colossale (plusieurs propriétés et des milliers d’œuvres qui leur permettront de régler en dation leurs droits de succession). Pas seulement, non : à son décès, Pablo Picasso, le grand, l’immense, le génial Picasso, laisse à la postérité un héritage esthétique, intellectuel, historique sans équivalent dans l’histoire. Il a été « le plus grand inventeur et destructeur de formes de son temps » (Le Monde, 1973).

De cet héritage, tout a été exposé, commenté, analysé, romancé, filmé des milliers de fois. Du « dieu Picasso », on a tout dit, ou presque : sa collection de femmes, épouses ou amantes (Fernande, Eva, Olga, Marie-Thérèse, Dora, Françoise, Jacqueline…) ; ses amitiés avec les plus grands artistes du siècle : Braque, Matisse, Apollinaire, Breton, Cocteau, Éluard, Prévert… ; ses épopées artistiques, dont la plus célèbre, le cubisme ; ses aphorismes – « Je ne cherche pas, je trouve ! » –, sans oublier ses chefs-d’œuvre universellement connus, dont Les Demoiselles d’Avignon (1907) et Guernica exécuté en 1937, l’année même où le MoMA de New York acquérait « Les Demoiselles » pour 28 000 dollars. Une somme, déjà. « Au Japon, tous les enfants connaissent Picasso par son Guernica dès l’école maternelle », affirme Chikako Takaoka, 35 ans, conservatrice au Ohara Museum of Art qui a soutenu sa thèse sur Picasso en 2010.Pas seulement au Japon. En 2000, dans Le Figaro, le responsable de la recherche de noms chez Citroën justifiait ainsi le choix du constructeur automobile d’avoir baptisé en 1998 son monospace « Xsara Picasso » : « Des tests ont été effectués […]. Il s’est avéré que Picasso est connu dans tous les pays, par toutes les tranches d’âge et de revenu, quels que soient le sexe et l’environnement culturel. » Le nom et la signature du peintre espagnol pouvaient alors basculer dans l’univers des marques, créant au passage une vive polémique à l’encontre des héritiers qui n’avaient pas su, ou pas voulu, protéger leur aïeul.

Pablo Picasso, ce grand méconnu
Ainsi savons-nous tout de Picasso. De cet « homme de tous les excès qui aura multiplié les conquêtes, tout en créant dans le même temps plus de cinquante mille œuvres […]. Il est audacieux, narcissique, scandaleux, impossible à vivre », racontait Stéphane Bern en introduction de son Secrets d’histoire consacrée au maître, en mai 2013 sur France 2. Avant d’ajouter : « Mais il est aussi théâtral que pudique, généreux qu’égoïste, célèbre que méconnu. » Méconnu, Picasso, vraiment ? Qui peut le croire alors que tant d’expositions, de livres, de biographies, de films, d’émissions et de témoignages se sont succédé et se succèdent toujours. Cet été encore, devant le nombre de manifestations consacrées à « ce peintre espagnol si français de cœur », Le Figaro titrait « La déferlante Picasso », tant les expositions étaient légion : à Antibes, Aubagne, Cannes, Châtellerault, Dijon, Mougins, mais aussi à Incheon (Corée), Barcelone, Málaga, Santa Barbara (États-Unis), Monaco, Singapour et Bâle. Ce mois-ci encore, Germain Latour, un avocat inconnu des picassiens, sort au Seuil son Guernica, histoire secrète d’un tableau, tentant d’apporter sa pierre à un édifice déjà bien encombré. Et pourtant, l’artiste est entouré d’une telle épaisseur de légendes que tous les spécialistes s’accordent à dire que de nombreux aspects de la vie et de l’œuvre de Picasso demeurent aujourd’hui encore obscurs. « Cette gloire universelle a des effets regrettables, jusque pour les historiens. Elle les a, si l’on peut dire, habitués à Picasso », prévient ainsi Philippe Dagen, historien de l’art, dans sa monographie sur l’artiste parue en 2008 (Hazan). Brigitte Léal, directrice adjointe du Musée national d’art moderne, ne le contredit pas lorsqu’elle évoque « cette impression que tout a déjà été dit ».

Trop de Picasso finirait-il par nuire à Picasso ? « Des secteurs entiers de son travail n’ont pas été étudiés », observe Dagen pour qui l’analyse de l’œuvre n’est pas facilitée par sa complexité et sa longévité exceptionnelle. « Picasso a l’air de faire simple. En réalité, ce qu’il réalise est toujours très complexe, casse-gueule », juge Claude Picasso, son fils. Alors, « pour le rendre comestible, on le découpe en tranches, ce qui a été extrêmement négatif », confiait Anne Baldassari, présidente du Musée Picasso à Paris, sur France Culture. Ces tranches, les historiens de l’art les appellent « périodes » : bleue, rose, cubiste, classique, surréaliste, et ainsi de suite jusqu’au « dernier Picasso » des années 1960-1970. Au détriment de la cohérence de l’œuvre dans son entier. Certaines de ces périodes ont même été écartées par les historiens, jugeant, comme Clement Greenberg en 1957, que l’œuvre de Picasso s’arrête en 1925 pour décliner ensuite jusqu’en 1939. Interrogée sur la fortune critique du peintre, Carmen Giménez, conservatrice au Guggenheim, en convient : « Il reste encore beaucoup de choses à dire et à montrer sur Picasso ; il y a des périodes moins étudiées que d’autres, notamment les dernières années de sa carrière. Cela change progressivement et s’explique par le fait que les grands picassiens, notamment Rubin, n’aimaient pas beaucoup cette période. » Que reste-t-il donc à dire ? « Il faut continuer à travailler sur les années surréalistes », préconise Dagen. « Les années 1950 de Picasso sont elles aussi sous-estimées, remarque Brigitte Léal. Elles mériteraient d’être réintégrées dans l’art de leur époque, et dans ce que Picasso a pu voir. » Quant à la période du « dernier Picasso », tout reste à faire même si cette peinture revient progressivement en grâce. Rappelons tout de même que l’on part de loin : « Lors de l’exposition d’Avignon de 1970, il y a eu un déchaînement de la critique et de la nouvelle génération d’artistes qui considéraient que Picasso était devenu un vieil obsédé sexuel gâteux ! », se souvient Didier Ottinger.

De l’avis de tous, les Anglo-Saxons, comme les Allemands, ont une longueur d’avance sur les Français dans la connaissance de Picasso, grâce à la relève d’historiens comme Pepe Karmel, Elizabeth Cowling ou T.J. Clark qui vient tout juste de publier le très remarqué Picasso and the Thruth: From Cubism to Guernica. « Si les États-Unis ont déjà analysé l’influence de Picasso sur l’art américain d’après-guerre, en France ce travail reste à faire », analyse par exemple Brigitte Léal. « Une université américaine s’est intéressée aux années communistes de Picasso : quel a été l’impact du communisme sur son œuvre ? C’est énorme ! », ajoute Didier Ottinger. « Pourquoi ne pas réaliser une exposition “Picasso et l’abstraction”, comme cela a été fait pour Matisse ? », suggère de son côté Philippe Dagen. Les sujets ne manquent pas.

Peut-on pour autant parler d’un complexe Picasso en France ? Sans aucun doute. Et l’on pourrait faire remonter ce complexe aux acquisitions que les musées n’ont pas osé faire ou à l’attribution de la nationalité que la France a refusée au peintre en 1940, comme l’ont révélé les archives volées par les nazis en 1940 et rendues à la France par la Russie en 2000. « Il est vrai que l’on ne sait pas comment l’appréhender », admet Brigitte Léal, qui parle à son sujet d’un « malentendu » : « En France, on assiste à la fois à cet engouement extraordinaire autour du Pablo Picasso qui déplace les foules, et à ce rejet du peintre que l’on regarde toujours au premier degré, via sa biographie. Picasso est devenu prisonnier de son personnage et de la marque qu’il a contribué, sans en avoir conscience, à créer. »

La légende d’une immense célébrité

Mais de quel personnage parle-t-on ? Pour commencer, de celui dont Picasso lui-même a participé à façonner la légende. « Quand j’étais enfant, ma mère me disait : “Si tu deviens soldat, tu seras général. Si tu deviens moine, tu finiras pape.” J’ai voulu être peintre, et je suis devenu Picasso ! », lance l’artiste à Françoise Gilot durant l’été 1944. La compagne de Picasso se souvient qu’à la Libération, les G.I. visitaient l’artiste, rue des Grands-Augustins, « au même titre que la tour Eiffel ». C’est que Picasso est passé du statut de peintre révolutionnaire dans les années 1910, à celui de peintre bourgeois dans les années 1920, puis de vedette dans les années 1930 pour devenir, après-guerre, une star milliardaire – un « homme de spectacle », écrira sa petite-fille Marina. Ainsi, note Isabelle Limousin dans le numéro 124 des Cahiers du Mnam paru cet été, Picasso reçoit-il après la guerre 2 368 demandes d’autographe. Tout le monde connaît Picasso, l’homme, pas sa peinture, jusqu’aux cheminots qui, dans les années 1950, baptisent leur autorail X 3800 du patronyme de l’artiste.

Et puis il y a cet autre personnage, médiatique celui-ci, dont les aventures se déclinent à la télévision et en une de Match ou de Life, comme se déclinent au même moment les aventures de Martine de Marlier et Delahaye : « Picasso au travail », « Picasso à la plage », « Picasso faisant le clown », « Picasso sur les marches du Festival de Cannes » où il est venu défendre Le Mystère Picasso de Clouzot, prix du jury en 1956… « À partir des années 1950, il devient l’homme le plus photographié au monde, avec peut-être Einstein et Gandhi. Et encore ! », commente Anne Baldassari dans Secrets d’histoire. « Ceux qui viennent dans son atelier sont des acteurs de cinéma, Gary Cooper en 1957, Brigitte Bardot en 1955 », remarque Ottinger. À sa mort, la pluie de condoléances tombées du monde entier est d’ailleurs éloquente : « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la mort de Pablo Picasso, […] cet homme qui […] a servi avec fidélité la cause de la liberté, du progrès et de la paix », télégraphie le maréchal Tito à la veuve Picasso. « C’est comme si un continent, un pays, avec des villes, des rivières, des maisons et des gens, avait disparu de notre planète », réagit Pablo Neruda. « Voilà donc la disparition du génie le plus singulier et le plus actif de l’art moderne, connu de tous les peintres, de tous ceux qui se sont intéressés un jour à la peinture, de tous ceux qui en parlent, distraitement, sans la regarder », écrit dans Le Monde André Chastel… sans voir combien « Picasso était au fond très seul », remarque Pierre Daix.

La « peopolisation » de la recherche
Sans la regarder, pour sûr. On était donc en droit d’attendre que, Picasso décédé, la France observe enfin sa peinture. Il n’en sera rien. L’incroyable imbroglio juridique lié à la succession qui s’engage retient davantage l’attention. Quant à l’homme, on s’intéresse maintenant à sa part d’ombre. Commence alors une nouvelle saga Picasso, un livre partisan chassant un livre à charge. Tous les auteurs puisent dans les innombrables livres-témoignages publiés du vivant du maître – le Picasso de Penrose (1958), les Conversations de Brassaï (1964), les livres d’Hélène Parmelin, de Sabartés, etc. –, au premier rang desquels ceux de ses compagnes que le peintre avait tenté de faire interdire : Souvenirs intimes, de Fernande Olivier (1933), et plus encore Vivre avec Picasso, de Françoise Gilot (1965).

Côté famille, Marina Picasso écorne le mythe dans son Grand-père en 2001 auquel répond, un an plus tard, le livre d’un autre petit-enfant, Olivier Widmaier-Picasso. Les déchirements – parfois exagérés – de la famille passionnent une presse qui dévore la biographie non autorisée, « aussi brillante qu’iconoclaste » dit le pitch, d’Arianna Stassinopoulos-Huffington : Picasso, créateur et destructeur (1988). Dans ce livre, pour lequel la biographe a recueilli sur le créateur « tout ce qui avait pu s’écrire ou se dire de pire », écrit Pierre Daix dans son incontournable Dictionnaire Picasso, va puiser le Surviving Picasso (1996) hollywoodien de James Ivory avec, dans la peau de Barbe-Bleue dévoreur de femmes, Anthony Hopkins. Car l’écran, lui aussi, « aime » Picasso : dernier téléfilm en date, celui de Verhaeghe, La femme qui pleure au chapeau rouge (2010), portrait peu flatteur du peintre, avec dans le rôle principal un Thierry Frémont caricatural qui lance à Dora Maar (Amira Casar) : « Tou es oune déesse ! » Quel Picasso Carlos Saura choisira-t-il à son tour de montrer dans son film, actuellement au montage, 33 Jours, qui verra réunis au générique Antonio Banderas (Picasso) et Gwyneth Paltrow (Dora Maar) ? Réponse en 2014… « Globalement, je crois que l’on n’aime pas Picasso, sauf pour de mauvaises raisons : les femmes, le sexe, l’argent… », ose Philippe Dagen. « On assiste à une véritable peopolisation de la recherche, ce qui est assez déplorable et inquiétant », ajoute Anne Baldassari. Cet été encore, Le Parisien Magazine mettait en couverture, avec un portrait signé Arnold Newman : « Qui a volé les 400 Picasso ? »

La recherche intimidée par le continent Picasso
Une nouvelle génération de chercheurs peut-elle renverser ce processus ? « Il est dramatique qu’il n’y ait pas de jeunes qui s’intéressent à l’œuvre de Picasso, déplore Claude Picasso. Cela apporterait du sang neuf et un regard différent, détaché des bêtises que tout le monde répète à n’en plus finir. » « À l’heure actuelle, il n’y a quasiment pas de thèses de doctorat en préparation », constate Philippe Dagen, qui poursuit : « Picasso est l’un des rares artistes pour lequel j’ai vu des thèses de grande qualité échouer. » Pour la présidente du Musée Picasso à Paris : « Picasso s’impose comme un monument, une sorte de monstre sacré qui peut être très intimidant pour un étudiant ou un jeune chercheur. » Selon Claude Picasso, la cause est davantage à rechercher dans les Universités : « En France, pas un professeur n’accepte une thèse. » Didier Ottinger émet une autre hypothèse : « Peut-être qu’il a été capté par des historiens qui ont fait le vide autour d’eux, cela existe aussi. » Possible en effet.

Tout ne semble pourtant pas perdu. « Je pense que cela va venir. De plus en plus d’anciens spécialistes disparaissent, arrêtant de radoter », dit Claude Picasso. Mais la Picasso Administration, dirigée par Claude, n’a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité, elle qui n’a pas su renouveler, voire encourager, la formation de spécialistes ? « Si l’on reparle de Picasso avec passion, je suis persuadé qu’une nouvelle génération va vouloir travailler de nouveau sur le sujet », admet Ottinger qui dit voir de plus en plus d’étudiants curieux de Picasso. Faut-il déceler l’effet des derniers grands événements, dont « Picasso et les maîtres » en 2009 ? « Je crains au contraire que ces expositions donnent davantage l’impression d’avoir tout dit, avance Dagen. Il faudrait peut-être laisser la peinture où elle est, et regarder les carnets, les scanner, les étudier, là il y a des choses à comprendre sur le processus Picasso. » La réouverture du Musée Picasso à Paris, reportée au printemps 2014, devrait donc amener un nouveau souffle. « Pas sûr ! », rétorque Dagen pour qui l’existence d’un Musée Picasso « a figé, isolé l’artiste ». Ce dont se défend l’institution qui a créé, en 2011, un fonds de dotation à dessein d’octroyer des bourses d’études. En attendant, les choses avancent à petits pas, même en ordre dispersé. Après Aubagne, la Cité de la céramique, Musée national de Sèvres, accueillera le 20 novembre « Picasso céramiste et la Méditerranée » : « C’est un événement important, relève Bruno Gaudichon, co-commissaire de l’exposition. Il signe enfin la reconnaissance de Picasso par les céramistes. » Mieux vaut tard que jamais.

1881 : Naissance, le 25 octobre, de Pablo Ruiz Picasso à Málaga

1939 : En novembre, ouverture de la rétrospective du MoMA qui présente un choix de 344 œuvres

1944 : En octobre, ouverture de la rétrospective Picasso, la première en France, au Salon de la Libération

1966 : Malraux, ministre de la Culture, organise un « Hommage à Pablo Picasso » de plus de 700 œuvres au Grand Palais et au Petit Palais

1973 : Dernière exposition à la Galerie Louise Leiris. Picasso meurt le 8 avril à Mougins

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°661 du 1 octobre 2013, avec le titre suivant : Quoi de neuf Picasso ?

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