Samedi 4 décembre 2021

Art contemporain

XXE SIÈCLE

Olivier Debré, l’architecture comme pierre angulaire

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 14 janvier 2021 - 471 mots

TOURS

L’artiste a trouvé la source de sa peinture abstraite dans sa formation d’architecte. Cette exposition tente de montrer cette part fondatrice de son œuvre.

Tours. On sait peu qu’Olivier Debré (1920-1999) était aussi architecte. Il faut dire qu’il n’a pas non plus beaucoup œuvré dans ce domaine : quelques projets non réalisés, comme celui du remaniement de la gare d’Orsay en hôtel (en 1971) ou le réaménagement de la Porte de Saint-Cloud (1970-1974) et une poignée de réalisations abouties.

Le jeune Debré s’était pourtant bien inscrit, à 17 ans en 1937, à l’École des beaux-arts de Paris dans la section architecture, qui était alors dirigée par son oncle Jacques Debat-Ponsan, lui même architecte et grand prix de Rome. Mais c’est le jour de son mariage en 1945 qu’il annonça qu’il ne serait pas architecte, mais peintre. S’ensuivit une œuvre picturale dominée par des rapports importants à l’espace, la perspective, la lumière, liée au volume de ses ateliers – il en aura jusqu’à six en même temps ! (1) – et avec des carnets remplis de croquis d’architecture. Mais de là à en faire le thème d’une exposition (même pour célébrer le centenaire de sa naissance), il y avait un grand pas que les commissaires – Isabelle Reiher, directrice du lieu et Marine Rochard, chargée d’exposition – ont franchi en ouvrant la porte d’une auberge espagnole avec cette proposition : « Étendue, corps, espace. Olivier Debré et les artistes-architectes ».

Peu de travaux d’architecture de Debré

Concernant Debré, le visiteur reste un peu sur sa faim. Le parcours débute avec deux de ses réalisations dont on peut voir des dessins, des carnets et des maquettes : l’église Notre-Dame de La Source à Compiègne (1991), un ensemble de logements et d’ateliers d’artistes rue Albert dans le 13e arrondissement à Paris (1991-1993) et quelques projets. C’est tout, puisqu’il est clair que les commissaires n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent.

Pour nourrir le propos, et justifier leur angle, elles ont donc exposé tout autour, des œuvres de seize artistes connus (Jordi Colomer, Thomas Huber) ou moins connus (Robert Breer, Georg Herold). L’œuvre qui frappe d’emblée tant par sa taille que par sa cohérence avec le sujet est une grande installation de Claire Trotignon. Composée d’une structure en lattes de bois, fixée dans les murs et au sol, et dessinant de grands traits dans le volume de la salle, l’œuvre s’inscrit parfaitement dans la démarche de l’artiste et ses réflexions sur l’espace, la circulation, ici menées à grande échelle [voir ill.]. Sur le mur, en face, sont accrochées trois belles toiles d’Eva Nielsen qui voisinent avec des sculptures joliment complexes de Raphaël Zarka. Autant d’œuvres qui pourraient tout aussi bien figurer dans une exposition sur un autre thème. Autant alors les apprécier pour elles-mêmes.

(1) Son fils, Patrice Debré, a récemment publié le livre Les Ateliers d’Olivier Debré, aux éditions La guêpine.

Étendue, corps, espace. Olivier Debré et les artistes architectes,
initialement jusqu’au 28 mars, Centre de création contemporaine Olivier-Debré, Jardin François 1er, 37000 Tours.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°558 du 8 janvier 2021, avec le titre suivant : Olivier Debré, l’architecture comme pierre angulaire

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