Vendredi 27 novembre 2020

Art contemporain

Comment Yayoi Kusama parvient-elle à attirer 700 000 visiteurs au Brésil ?

Par David Robert (Correspondant à Rio de Janeiro) · lejournaldesarts.fr

Le 27 janvier 2014 - 374 mots

RIO DE JANEIRO / BRÉSIL

RIO DE JANEIRO (BRÉSIL) [27.01.14] - Après Buenos Aires, C’est à Rio que la rétrospective consacrée à l’artiste japonaise Yayoi Kusama bat des records avec près de 700 000 visiteurs. Comment s’explique une telle affluence qui n’est pas isolée ?

C’est encore l’Aleijadinho, figure emblématique du Brésil classique, qui détient le record d’affluence au Centre Culturel Banco do Brasil (CCBB) de Rio. Les œuvres du sculpteur du XVIIIe siècle y avaient attiré en 2007 près de 970 000 visiteurs. 7 ans après, une japonaise octogénaire a failli le supplanter avec près de 700 000 adeptes de ses points colorés. L’exposition « Yayoi Kusama : Obsession Infinie » a fermé ses portes le 22 janvier. Elle venait de Buenos Aires, où elle a rassemblé 206 000 visiteurs en deux mois, nouveau record pour le Musée d’art latino-américain de Buenos Aires (Malba). L’année passée, 85 chefs-d’œuvre du Musée d’Orsay avaient attiré à la même période près de 500 000 visiteurs au CCBB.

Comment comprendre ces chiffres que bien des institutions européennes pourraient envier ? D’abord, les expositions au CCBB sont gratuites, comme dans tous les centres d’art privés, condition sine qua none de la défiscalisation à 100 %. Ensuite, de décembre à février s’étalent les vacances d’été au Brésil. Capitale touristique, Rio a accueilli en 2013 l’immense majorité des 6 millions de touristes estimés au Brésil. Le nombre de nationaux y séjournant est lui difficile à recenser. Or l’offre artistique de la ville est encore faible.

Pour les amateurs d’art, le CCBB offre la programmation la plus relevée de la ville, régulièrement applaudie. Pour qui souffre de la canicule sur les plages et au sommet du Corcovado, sa climatisation est une aubaine. Enfin, aucun autre musée à Rio ne peut accueillir jusqu’à 10 000 visiteurs par jour. C’est donc aussi un monopole de fait qui permet de remplir l’institution. A Paris, Londres ou New York, l’offre est diluée et c’est heureux. C’est aussi le cas de São Paulo, capitale économique que sa mauvaise image prive d’un flux touristique comparable, alors que ses musées sont plus nombreux et plus riches, notamment pour l’art contemporain.

Enfin et heureusement, le mérite revient d’abord à Yayoi Kusama et à la qualité de l’exposition montée par Philip Larratt-Smith et Frances Morris.

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Photo copyright Yayoi Kusama

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