Lundi 17 décembre 2018

Orsay attend « le million » au Brésil

lejournaldesarts.fr

Le 19 décembre 2012 - 488 mots

RIO DE JANEIRO (BRESIL) [19.12.12] - Cet été à São Paulo et depuis octobre à Rio, en attendant Madrid, le Musée d’Orsay présente hors-les-murs 80 chefs-d’œuvre de sa collection. Il espère un million de visiteurs au Brésil.

A São Paulo comme à Rio, l’exposition « L’impressionnisme, Paris et la modernité, chefs d’œuvres du Musée d’Orsay » connaît un franc succès. La scénographie est une réplique du nouvel accrochage d’Orsay, les commentaires trilingues sont simples et pertinents, le propos de l’exposition est cohérent et le succès, donc, logique. Après les 320 000 visiteurs de São Paulo, 350 000 personnes sont déjà venues au Centro Cultural Banco do Brasil (CCBB) de Rio depuis la mi-octobre. L’événement vient de recevoir au Brésil le prix 2012 de la meilleure exposition internationale.

En 2011, 600 000 spectateurs de l’étranger (Italie, Corée, Singapour) avaient déjà admiré des œuvres voyageant pendant les restaurations des salles parisiennes du musée. Pourquoi le Brésil en 2012 ? Orsay cultive ses liens depuis l’année du Brésil en France en 2005. L’arrivée de Guy Cogeval en 2008 a renforcé cette inclination. Mais le projet se concrétise lors de l’exposition Manet à Madrid en 2010, quand les présidents de la Banco do Brasil et de la MAFPRE, (assureur espagnol coactionnaire d’une filiale de la Banque brésilienne) visitent l’événement et décident de faire venir la collection d’Orsay dans leurs institutions respectives. Se dessine ainsi une exposition en trois stations : São Paulo et Rio, sièges de deux CCBB, et Madrid, à la fondation MAPFRE. Partout, Orsay assure la conception et la coordination. Au Brésil, Expomus, agence gouvernementale, assure l’interface technique.

Pour Olivier Simmat, responsable du mécénat et des relations internationales du Musée d’Orsay, « l’objectif symbolique est d’attirer un million de visiteurs sur les deux villes ». Symbolique, car l’exposition est gratuite. Pourtant les fonds engagés sont importants et intégralement réglés par le CCBB - et indirectement par le contribuable brésilien, eu égard au mécanisme d’incitation à la culture qui permet une défiscalisation à 100%.

Les prêts restant officiellement gratuits, outre l’expertise scientifique de l’exposition, c’est bien la marque « Musée d’Orsay » qui s’est vendue pour un montant estimé à 3 millions d’euros sur l’ensemble des stations. Jointes (sur deux ans) au mécénat (5M€), les recettes des expositions internationales (5M€) couvrent presque intégralement la restauration de la grande galerie, à hauteur de 11 millions d’euros. Mais ces recettes potentielles ont vraisemblablement déjà atteint leur maximum : le musée ne peut pas priver les visiteurs parisiens de ses chefs-d’œuvre trop longtemps. Sans parler des problèmes de conservation liés aux voyages répétés.

Au musée, qui a pour principal défi une augmentation de son autofinancement ces nouvelles ressources sont bienvenues. A long terme, pour Orsay, l’enjeu n’est pas que financier. Les brésiliens et leur économie montante représentent 2% du public du musée à Paris. La présence du Musée d’Orsay à Rio et São Paulo est un gain de visibilité important pour sa cible touristique.

Légende photo

Edouard Manet - Le Fifre - Affiche de l'exposition "Impressionismo Paris e modernidade" - Centro Cultural Banco do Brasil (CCBB) - Rio de Janeiro - Brésil

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