Ben, un sens aigu de la formule

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 23 février 2010

Pensée, maxime, dicton, sentence, aphorisme, apophtegme, adage, proverbe… Ben est le roi de la formule toute faite.

Il en a ponctué le parcours du tram de Nice : « Pas un jour sans une idée », « Le nouveau est vieux », « Repartir à zéro », « Regarder le ciel »… S’il a le sens du raccourci, il est surtout passé maître dans l’emploi des mots simples qui font mouche. Dans cette façon de décliner ces paroles brèves en surface de toutes sortes d’objets dérivés : béret, serviette de bain, trousse d’écolier, écharpe, chaussettes, tee-shirt, etc., il a créé un style unique qui le signe et le scelle.

Dans l’art de la communication, Séguéla peut aller se rhabiller. Il est même étonnant d’observer qu’aucun homme politique ne se soit encore adressé à Ben pour gérer son image. Sans doute est-ce parce qu’il est trop marqué du côté des ethnies. Aussi parce que le personnage qu’il a créé ne peut se disperser et que Ben n’appartient qu’à lui seul. Il l’a d’ailleurs tellement bien façonné à l’exclusive de son image que, de ses interventions publicitaires à la télévision, on ne retient que lui et non les marques vantées.
 
Avec ce sens inné du slogan et cette faculté verbale à trouver toujours le mot juste, Ben aurait fait un publiciste de génie. Mais voilà, il est d’abord et avant tout un artiste, pas vraiment intéressé par l’argent – il ne gère pas toujours bien ses droits ! Ben n’a qu’un seul souci, celui de la présence et de la durée. Bref de pouvoir toujours dire son mot et, si possible, d’avoir le dernier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°622 du 1 mars 2010, avec le titre suivant : Ben, un sens aigu de la formule

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