États-Unis

Le bureau Judd Architecture endommagé par un incendie

Par Marion Pedram · lejournaldesarts.fr

Le 11 juin 2021 - 397 mots

MARFA / ÉTATS-UNIS

En fin de rénovation, le bâtiment de deux étages était heureusement vide lorsque le feu s’est déclaré.

La ville de Marfa au Texas, le siège de l'agence Judd Architecture est le bâtiment en brique rouge situé sur la droite. © Matthew Rutledge, CC BY 2.0
La ville de Marfa au Texas, le siège de l'agence Judd Architecture est le bâtiment en brique rouge situé sur la droite.

Le siège de l’agence Judd Architecture du nom de l’artiste Donald Judd, décédé en 1994, a été la proie des flammes pendant près de douze heures, rapporte le New York Times. Le bâtiment de deux étages est situé à Marfa, petite ville du Texas où l’artiste américain pionnier du minimalisme s’était établi en 1971.

Le bâtiment était en cours de rénovation depuis trois ans, laquelle devait se terminer le 3 juillet. Au vu des sérieux dégâts provoqués par l’incendie, dont l’origine reste à ce jour inconnue, le bureau ne pourra pas rouvrir à la date initialement prévue. Le toit est pratiquement effondré et une grande partie du deuxième étage est brûlé. À l’intérieur, heureusement, aucune perte matérielle n’est à déplorer : l’espace n’était pas habité, et les maquettes, dessins, documents, meubles et objets d’art avaient été déplacés ailleurs le temps des travaux.

Mais l’édifice de briques rouges n’en est tout de même pas moins sérieusement abîmé, au grand désespoir de Troy Schaum, associé fondateur du cabinet SCHAUM/SHIEH en charge de la rénovation du lieu : « il est déchirant de voir le soin et l'amour de l'artisanat s'évaporer si rapidement à un moment si proche de l'achèvement ». Flavin Judd, fils de l’artiste et directeur artistique de la Judd Fondation, a assuré que le bâtiment serait restauré très rapidement.

Marfa était le fief de Donald Judd du début des années 1970 à sa mort vingt-cinq plus tard. Tombé amoureux de ce paysage désertique et rocailleux, l’artiste y achète bon nombre de propriétés. À sa mort, la petite ville texane de 2 000 habitants devient rapidement la mémoire de son œuvre, qu’elle perpétue grâce aux lieux de travail et de vie ayant appartenu à l’artiste : sa maison, son bureau, ses espaces d’expositions, notamment la Fondation Chinati. Ce musée d’art fondé par Judd en 1979 conserve les pièces de l’artiste aux côtés d’œuvres de ses contemporains : Dan Flavin, Carl Andre, Claes Oldenburg…

Judd voyait en Marfa et sa solitude aride les conditions optimales pour y conserver son œuvre, loin des musées. Il écrivait à leur propos : « l’art est devenu une simple excuse pour le bâtiment qui l’abrite, véritable symbole, aussi précis qu’une trace de craie sur un tableau noir, de la culture des nouveaux riches ». L’héritage de Donald Judd attire chaque année près de 10 000 visiteurs dans la petite ville du Texas.

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