Mercredi 23 septembre 2020

Architecture

A 87 ans, l’architecte Richard Rogers prend sa retraite

Par Lorraine Lebrun · lejournaldesarts.fr

Le 4 septembre 2020 - 577 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

Celui qui dessina le Centre Pompidou avec Renzo Piano a annoncé quitter son agence d’architecture.

Richard Rodgers. © Photo François Guillot, 2010 / AFP
L'architecte Richard Rodgers
© Photo François Guillot, 2010 / AFP

Il est l’un des architectes britanniques les plus connus et réputés, anobli par la reine en 1991 et lauréat du prestigieux prix Pritzker d’architecture en 2007. Le « starchitecte » Richard Rogers a fait savoir qu’il se retirait de Rogers Stirk Harbour + Partners (RSHP), l’agence d’architecture qu’il a fondée il y a 43 ans. Il avait déjà quitté la direction de la firme en juin dernier.

Son associé Ivan Harbour a salué celui qui « a été une grande source d’inspiration pour chacun de nous à RSHP et plus globalement, pour l’ensemble de la profession. Son humanité, son intégrité et sa générosité se reflètent dans l’agence qu’il a fondée et qui continuera d’être guidée par ses principes. » 

Né à Florence en 1933, Richard Rogers grandit au Royaume-Uni où sa famille déménage durant la Seconde Guerre mondiale. Il commence sa formation à l’Architectural Association School of Architecture de Londres. En 1958, un de ses professeurs écrira dans son dossier scolaire qu’il a « un véritable intérêt et un sens de l’architecture, mais manque terriblement des capacités intellectuelles pour traduire ces sentiments en un projet solide. Son design continuera de souffrir tant que son dessin restera aussi mauvais, sa méthode de travail aussi chaotique et son jugement critique si inarticulé. » Il intègre ensuite l’école d‘architecture de Yale, où il rencontre un certain Norman Foster, avant d’en sortir diplômé en 1962.  

En 1977, il réalise avec Renzo Piano ce qui restera comme l’une de ses principales réalisations : le Centre Pompidou à Paris. Les critiques ne sont pas tendre envers le nouveau centre culturel parisien, dont l’architecture audacieuse qui entend montrer ce qui est habituellement caché sous des façades, fait scandale. Dans son éditorial au Figaro, Jean d’Ormesson écrira : « C'est atroce. On dirait une usine, un paquebot, une raffinerie. Une espèce d'écorché monstrueux et multicolore, avec ses tripes à l'air »

C’est également en 1977 qu’il fonde sa propre agence d’architecture, Richard Rogers Partnership. Il continuera pourtant d’imprimer son style caractéristique qui met en avant une lisibilité des fonctions techniques et la circulation des flux. Parmi ses réalisations les plus emblématiques, on peut citer le Lloyd’s Building et le Millennium Dome de Londres, mais également le Palais de Justice de Bordeaux, le Terminal 4 de l’Aéroport Bajaras de Madrid et plus récemment, les réserves du Louvre-Lens à Liévin.

Outre son activité d’architecte, Rogers s’illustra également par son implication dans l’urbanisme et la politique de la ville aux côtés des travaillistes, notamment dans les années 1990 et 2000, à l’époque du New Labour, alors que l’Angleterre traverse une importante crise du logement. Il pilote un groupe de travail en charge de repenser la ville et son urbanisme, ce qui aboutit à l’Urban White Paper, adopté en 2000. Il prône une « ville compacte », construite plus densément, privilégiant de réinvestir les friches industrielles plutôt que de s’étendre. Il devient ensuite conseiller auprès du maire travailliste de Londres Ken Livingstone. Il démissionne en 2009 après l’arrivée de Boris Johnson à la tête de la municipalité. 

C’est en 2007 que son agence d’architecture prend le nom de Rogers Stirk Harbour + Partners. Ce serait également dès cette date, selon le Guardian, que les associés ont commencé à organiser progressivement la transition et la mise en retrait de ce membre fondateur, dont le patronyme devrait désormais être retiré du nom de l’agence. 
 

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