Dimanche 24 janvier 2021

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L’expertise française séduit la Chine

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 9 décembre 2014 - 630 mots

Lianzhou inaugurera en octobre 2015 le « musée national de la photographie », un projet auquel collabore le Musée Nicéphore-Niépce.

LIANZHOU - En octobre 2015 devrait être inauguré à Lianzhou le premier musée national chinois consacré exclusivement à la photographie. En 2013, le gouvernement avait choisi cette ville de 500 000 habitants au nord-ouest de Guangzhou (ou Canton) en raison de la qualité de son festival photographique créé il y a dix ans par Duan Yuting. En raison aussi de la situation économique de cette cité, la plus pauvre de la province du Guangdong, connue quant à elle pour être la plus riche du pays. Le lieu d’implantation a été révélé au public lors de l’inauguration le 21 novembre du Lianzhou Foto Festival, dont le thème porte sur la création photographique contemporaine de ces dix dernières années. Le bâtiment, d’une surface de 3 600 m2, signé par le cabinet chinois O-office Architects, s’élèvera dans l’ancienne zone industrielle du quartier historique parsemée d’usines et d’entrepôts désaffectés telle la Candy Factory, ancienne fabrique de bonbons figurant parmi les lieux d’exposition du festival qu’englobera le futur musée.

Le Musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) a été choisi par Duan Yuting pour collaborer à l’élaboration du projet scientifique, culturel et pédagogique. Le mémorandum signé entre Liu Zehe, maire de Lianzhou, et Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône depuis les dernières élections municipales, encadre cet accord de coopération. Il établit également le jumelage des deux villes qui « débouchera sur d’autres types de coopération économique, commerciale, scientifique et touristique », souligne Gilles Platret. En janvier prochain, une délégation chinoise est attendue à Chalon.
 
Nature de la collection
Le directeur du Musée Niépce, François Cheval, n’est pas un inconnu pour Duan Yuting qui l’a déjà invité trois fois, en particulier en 2012 pour assurer le commissariat général de la huitième édition d’un Festival de Lianzhou devenu en quelques années le plus important rassemblement de professionnels chinois et occidentaux, et d’amateurs. Le musée de Chalon-sur-Saône « a par ailleurs présenté par deux fois ses collections dans des musées chinois, en 2007 au Musée de la capitale de Pékin et en 2009 au Macao Museum », précise François Cheval. Pour le musée qu’il dirige depuis près de quinze ans, ce n’est pas la première mission de conseil et de formation. Des accords de ce type ont été signés avec les Archives nationales syriennes et la Fondation arabe pour l’image à Beyrouth. Pour l’heure, les réflexions autour de la constitution du futur musée national de la photographie concernent notamment la nature de la collection à constituer et la répartition entre fonds anciens et création contemporaine. « La constitution de cette collection doit servir de support à un récit cohérent et structurant sur la place de l’image mécanique en Chine, de l’introduction du daguerréotype aux pratiques culturelles », souligne François Cheval. D’ores et déjà, le fonds comprend des œuvres collectées au fur et à mesure des éditions du festival photo de Lianzhou, pièces que Duan Yuting envisagea un temps de transférer au Guangdong Museum of Art, le musée d’art contemporain de Guangzhou.

La conservation des œuvres et des objets, l’inventaire et la création de bases numériques, mais aussi la médiation, constituent d’autres domaines sur lesquels le Musée Nicéphore-Niépce apportera son expertise. Et François Cheval de rappeler : « Cet accord de partenariat va au-delà de la prestation de services. Il souligne comme nous l’avons fait auparavant avec d’autres pays notre volonté de soutenir des projets de récits originaux et complémentaires sur l’histoire de la photographie. Le temps est passé désormais de présenter l’invention de Nicéphore Niépce comme un simple geste d’ingénieur. Partout dans le monde les conséquences de ce geste initial ont permis de créer des histoires originales et contrastées qui ne peuvent être réduites à l’histoire “occidentale” de la photographie. » 

Légende photo

Le projet du musée de la photographie de Lianzhou, en Chine. © D.R.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°425 du 12 décembre 2014, avec le titre suivant : L’expertise française séduit la Chine

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