Mercredi 11 décembre 2019

Justice

La justice américaine donne son feu vert pour le procès Rybolovlev-Sotheby’s  

Par Sindbad Hammache · lejournaldesarts.fr

Le 28 juin 2019 - 398 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

Le milliardaire russe reproche à l’auctioneer d’avoir aidé Yves Bouvier dans ce qu’il considère une escroquerie.

Dmitry Rybolovlev
Dmitry Rybolovlev
Photo Francknataf, 2012

Dmitry Rybolovlev avait porté plainte en octobre dernier contre Sotheby’s, dans le cadre de la présumé escroquerie du marchand d’art suisse Yves Bouvier à son égard. Il reproche à la maison de ventes d’avoir fourni à Yves Bouvier des certificats et des estimations surévaluées, qui auraient permis à l’entrepreneur de réaliser des plus-values injustifiées. Dmitry Rybolovlev avait acheté 38 œuvres à Yves Bouvier, pour un montant d’environ 1 milliard de dollars ; pour un tiers de ces ventes, il affirme que Sotheby’s a aidé le Suisse à gonfler la valeur des œuvres.

La plainte déposée à New York s’ajoute à la longue liste des procès intenté par Dmitry Rybolovlev - à l’encontre de M. Bouvier ou de la maison de ventes - à Singapour, Monaco, en Suisse, et en France. Elle donnera bien lieu à un procès, dont l’audience préliminaire se tiendra le 24 juillet prochain. Le tribunal de New York a refusé la demande de rejet déposé par l’auctioneer, qui de son côté poursuit le milliardaire en Suisse. « Bien qu’il y ait un litige en cours en Suisse, Sotheby’s n’a pas réussi à établir qu’il y avait des circonstances exceptionnelles justifiant le renvoi. », explique le juge Jesse M. Furman.

Dans son ordonnance, le juge a également rejeté la demande de confidentialité sur certains documents de la maison de ventes. Ces documents concernent des échanges électroniques entre Yves Bouvier et elle, et prouveraient, selon Rybolovlev, leur coopération dans cette prétendue opération d’escroquerie. Ces documents contiennent des informations sur le prix de plusieurs œuvres vendues au plaignant, sans toutefois que le nom de ce dernier n’y soit mentionné. Les œuvres citées ont toutes été expédiées vers le port franc d’Yves Bouvier, à Genève. Connus de la partie civile, ces échanges pourront être utilisés lors du procès.

« Cette décision – décevante – est procédurière et disproportionnée aux vues des accusations sans fondement de M. Rybolovlev », s’est défendu Sotheby’s dans un communiqué. La maison de ventes s’est également agacée de ce que la procédure new-yorkaise empêchait le bon déroulement de l’action intentée en Suisse. Un avocat de Dmitry Rybolovlev s’est quant à lui félicité de ces développements, « Ces nouvelles décisions ont pris du temps, mais ce temps a permis aux juges de porter un examen attentif à ces questions, et d’arriver aux conclusions correctes. » a-t-il ajouté.

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