Institut

Eva Nguyen Binh : « L’Institut français couvre tous les champs d’action de la culture »

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 22 novembre 2022 - 625 mots

Ancienne ambassadrice de France au Cambodge, Eva Nguyen Binh est présidente de l’Institut français depuis le 1er juillet 2021.

L’Institut français fête, en 2022, les 100 ans de la diplomatie culturelle française. Quelle est la mission de l’Institut français ?

L’Institut français est l’héritier de l’Association française d’action artistique (AFAA), créée en 1922, puis de Culturesfrance. Sa mission est de promouvoir à l’international la culture et la langue françaises, grâce au réseau culturel français à l’étranger composé des services de coopération et d’action culturelle de nos ambassades, des Instituts français et des Alliances françaises, ainsi que de centres culturels binationaux. L’Institut français œuvre aussi au dialogue des cultures du monde en facilitant la rencontre entre créateurs, penseurs, artistes, représentants de la société civile français et étrangers, ce qui permet une meilleure connaissance mutuelle. Nous contribuons largement à l’accueil d’artistes étrangers en France, et notre projet est au service du respect de la diversité culturelle, de la libre circulation des idées et des savoirs.

Quelle est, aujourd’hui, la doctrine française en matière de diplomatie culturelle et quelles sont les régions du monde prioritaires ?

Pour la doctrine, je dirais le partenariat et le dialogue. Pour les géographies, clairement, nous avons des enjeux importants en Afrique, avec la nécessité de refonder notre relation au continent, dans toutes ses dimensions, y compris culturelles. Nous avons par ailleurs une actualité intense, notamment en Europe et en Indopacifique. Mais je souhaite souligner une spécificité de la diplomatie culturelle française, qui est un atout formidable aussi : c’est l’universalité de notre réseau de coopération culturelle. Nous sommes présents sur tous les continents, dans de très nombreux pays – il y a une centaine d’Instituts français dans le monde. Nous travaillons de manière indifférenciée avec l’ensemble du réseau culturel français à l’étranger.

Comment l’action de l’Institut se manifeste-t-elle concrètement sur le terrain ?

L’Institut français est pluridisciplinaire et couvre tous les champs d’action de la culture, qui vont du livre et du débat d’idées au théâtre et à l’art contemporain, en passant par le cinéma, les musiques, la photo, le design et les cultures numériques. À l’étranger, cette action vit à travers les projets culturels et artistiques des Instituts français, des ambassades, des Alliances françaises et aussi par l’enseignement de la langue française. Nous contribuons activement à l’exportation de nos industries culturelles et créatives. En France, nous sommes particulièrement connus pour des festivals culturels appelés « Saisons ». Un exercice qui est souvent croisé entre deux pays comme la très belle Saison France-Portugal qui vient de s’achever. Nous travaillons quasiment toujours en partenariat, que ce soit à l’étranger ou en France. Le réseau de nos partenaires, français et étrangers, est incroyablement développé, dense, et c’est un atout considérable.

Quels sont les orientations et les défis futurs ?

Aujourd’hui, notre défi est de changer de paradigme tout en conservant les forces de l’action culturelle extérieure de la France et de renouveler nos façons de faire dans un monde où le terrain de l’influence culturelle est devenue une véritable compétition, loyale ou non, où notre écoute des besoins et demandes locales doit être davantage développée.

Sujets de société 

L’Institut français est partie prenante de sujets comme l’égalité femmes-hommes et la transition écologique. L’établissement a récemment publié sa feuille de route sur la transition écologique sur Internet. Celle pour l’égalité femmes-hommes le sera prochainement.

40 millions € 

C’est le budget annuel de l’Institut français, dont près de 28 millions sont financés par le ministère des Affaires étrangères et 2 millions par le ministère de la Culture.

 

« L’influence de la France n’est pas un acquis. Elle est remise en cause, questionnée, battue en brèche dans un certain nombre de pays, notamment en Afrique. En même temps, cette politique culturelle fait envie. » Eva Nguyen Binh, Le Monde, 22/09/22

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°760 du 1 décembre 2022, avec le titre suivant : Eva Nguyen Binh : L’Institut français couvre tous les champs d’action de la culture

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque