Samedi 15 décembre 2018

Bruxelles : le marché de l’art

Effervescence des ventes publiques

À Bruxelles, Anvers et Liège, les chiffres d’affaires ont augmenté

Le Journal des Arts

Le 1 février 1996 - 665 mots

Bruxelles demeure le centre névralgique des ventes aux enchères publiques belges, grâce aux salles du Palais des beaux-arts, Vanderkindere et Horta. Vient ensuite Anvers, où Stefan Campo d’une part, et Guy et Michel Campo d’autre part, se disputent la clientèle par l’entremise de deux salles devenues concurrentes, sans oublier le dynamisme de la maison Bernaerts, anciennement installée à Malines. Liège vit en revanche un peu repliée sur elle-même. Mais partout, la satisfaction des responsables des maisons de ventes est révélatrice de la vitalité des échanges.

Depuis le mois de juin 1995, François et Georges De Jonckheere contrôlent seuls la salle des ventes du Palais des beaux-arts de Bruxelles, après avoir racheté les parts (50 %) du marchand d’art contemporain Willy D’Huysser. Leur objectif est de monter des ventes de prestige d’objets d’art et d’antiquités, mais aussi de proposer deux ventes de tableaux modernes belges par an, capables de concurrencer les vacations spécialisées organisées par les maisons de ventes britanniques, à Londres ou à Amsterdam. La salle de la rue de la Régence, où se tiennent sept à neuf ventes par an, composées chacune de plus de 2 000 lots, aura connu un début d’année 1995 difficile. Cependant, "une bonne fin d’année a permis de rattraper le retard et d’atteindre les 250 millions de francs belges espérés (41,5 millions de francs)", déclare François De Jonckheere.

Quoique moins prestigieuse, la salle Vanderkindere a vu son chiffre d’affaires s’établir à 78 millions de francs belges (13 millions de francs), ce qui représente une hausse de 16 % par rapport à l’année 1994. Aux dires de Serge Hutry, l’un des deux responsables, "le marché a bien repris à partir de septembre, surtout grâce aux particuliers."

Objets d’art et antiquités en tête
À Anvers, le marché a été lui aussi bien orienté lors de l’année écoulée. Campo et Campo ont enregistré un chiffre d’affaires de 130 millions de francs belges (21,6 mil­lions de francs), soit une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente, avec de très bons résultats pour les ventes d’objets d’art et d’anti­quités : 90 % des lots ont changé de mains sur l’ensemble de l’année. En revanche, le pourcentage tombe à 70 % pour l’art moderne, et la situation est précaire pour l’art contemporain. Stefan Campo, installé sur le quai des Flamands, n’est pas moins satisfait que ses cousins. Le montant global des enchères pour 1995 s’élève à 104,5 millions de francs belges (17,34 millions de francs), contre 87,5 millions l’année précédente (14,5 millions de francs). Enfin, pour Mon Bernaerts, le transfert de son activité de Malines à Anvers aura été plus que profitable : le montant total des ventes a atteint 68 millions de francs belges (11,3 millions de francs) en 1995, contre 33 millions de francs belges (5,5 millions de francs), à Malines, en 1993.

À Liège, la librairie Lhomme organise avec succès des ventes publiques depuis deux ans (lire encadré). Libraire de son état, Michel Lhomme a goûté aux plaisirs de la vente aux enchères au hasard d’une succession, et c’est sous une double casquette qu’il aborde depuis le marché des livres anciens. "L’année 1995 aura été exceptionnelle, grâce au fonds Magritte, aux gravures de Bruegel et aux souvenirs du premier Empire, déclare-t-il, mais 1996 ne devrait pas avoir l’éclat des deux exercices précédents, car les très belles bibliothèques se font rares dans ce pays. Les quatre dispersions que j’ai organisées en 1995 totalisent un montant de 33 millions de francs belges (5,5 millions de francs)".

Pas de monopole des commissaires-priseurs

En Belgique, l’organisation des ventes aux enchères publiques n’est pas une activité protégée. Elle n’est ni soumise à un examen d’entrée, ni régie par des règles de protection de la clientèle. Cela entraîne des situations parfois dommageables pour le bon exercice des métiers du marché de l’art, puisque des confusions peuvent exister entre différentes activités. Une législation récente – à l’intention des organisateurs occasionnels de ventes publiques – a toutefois interdit les vacations en dehors des sièges officiels des diverses maisons de ventes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°22 du 1 février 1996, avec le titre suivant : Effervescence des ventes publiques

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