Lundi 17 décembre 2018

Archéologie - L’Inrap perd la tête

Départ surprise à l’Inrap

En dépit d’un bilan positif, le directeur de l’Institut national de recherches archéologiques préventives n’a pas été renouvelé dans ses fonctions

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 15 janvier 2013 - 641 mots

En dépit d’un bilan positif, le directeur de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) n’a pas été renouvelé dans ses fonctions. Arnaud Roffignon laisse derrière lui plusieurs chantiers complexes qui devront être menés à bien par son successeur. Ceci alors que les conclusions du Livre blanc sur l’archéologie préventive doivent être remises au printemps prochain.

PARIS - Son mandat de trois ans arrivé à échéance (un mandat renouvelable une fois), Arnaud Roffignon n’a pas été reconduit à la direction générale de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Une surprise pour cet ancien conseiller budgétaire du ministère de la Culture qui avait pris les rênes de l’institut en janvier 2010. Dans un courriel interne, le président de l’Inrap, Jean-Paul Jacob – qui, lui, a vu son mandat renouvelé en juillet 2011 –, a précisé qu’Arnaud Roffignon était appelé à « occuper de nouvelles fonctions au sein du ministère de la Culture ».

L’intéressé a, pour sa part, déclaré quitter ses fonctions « avec regret », dans un courrier adressé à l’ensemble des personnels dont nous nous sommes procuré une copie. Il y fait le bilan de ses trois années passées à la tête du jeune institut créé en 2002. Un bilan nettement positif puisque, pour la première fois de son histoire en 2012, les comptes seront excédentaires. Les publications scientifiques ont été multipliées tandis que les manifestations et ouvrages destinés à sensibiliser le public à la discipline ont connu un franc succès, à l’instar des Journées nationales de l’archéologie préventive, lancées à l’été 2010, ou de l’exposition « Gaulois » à la Cité des sciences dont la fréquentation a atteint 272 000 visiteurs.

Après des années difficiles, l’Inrap connaît enfin la stabilité avec des comptes assainis et une activité de fouilles des plus intenses – 254 fouilles ont été menées en 2012. Réputé pour sa « rigueur et sa force de travail », Arnaud Roffignon avait poursuivi la politique mise en œuvre par son prédécesseur, Nicole Pot, en faisant prospérer l’Institut. Il a, notamment, créé le « Club Aménageurs », destiné à retrouver la confiance des grands aménageurs nationaux. L’initiative a porté ses fruits : l’Inrap a obtenu, entre autres, l’ensemble des fouilles sur le chantier Bouygues de construction de la LGV Nîmes-Montpellier, et remporté ceux d’Eiffage Rail Express pour la LGV Bretagne-Pays de la Loire. Les récents résultats du baromètre de satisfaction des aménageurs, qui devraient être rendus publics prochainement, affichent, d’après nos informations, des résultats très positifs : à partir du moment où les aménageurs ont signé un contrat avec l’Inrap, ils se déclarent satisfaits de l’ensemble des opérations.

« Douche froide »
Arnaud Roffignon a aussi contribué à l’apaisement d’une situation sociale parfois tendue avec les services régionaux de l’archéologie et la sous-direction de l’archéologie au sein du ministère. En interne,  c’est un peu la « douche froide », d’autant plus que nombre de chantiers engagés ces trois dernières années doivent encore être menés à terme, comme l’harmonisation fonctionnelle des directions interrégionales, une tâche ardue mais nécessaire. « On change de cheval au milieu du gué », résume l’un des personnels de l’Inrap. Arnaud Roffignon aurait-il été victime d’une volonté de « changement » à tout prix ? La réponse est peut-être à trouver dans le courrier du 9 janvier émanant de la directrice du cabinet d’Aurélie Filipetti au ministère de la Culture, Laurence Engel : « Alors que s’ouvre une page nouvelle de l’histoire de l’Institut, impliquant la nomination d’un nouveau directeur général… ». Pour cette nouvelle page, renouveler le mandat du directeur en poste aurait paru tout aussi logique. Car le prochain directeur de l’Institut – dont la nomination est très attendue – n’aura que quelques mois pour prendre connaissance de dossiers complexes et mener à bien les éventuels changements suscités par les conclusions du Livre blanc de l’archéologie préventive, annoncé pour le printemps prochain.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°383 du 18 janvier 2013, avec le titre suivant : Départ surprise à l’Inrap

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