Vendredi 14 décembre 2018

Aurélie Filippetti enterre (aussi) l’hôtel de Nevers

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 5 septembre 2012 - 652 mots

Les travaux de rénovation de l’hôtel de Nevers, successeur de l’hôtel de Sully dans sa mission d’exposition de la photographie patrimoniale, n’ont pas démarré en juillet comme prévu initialement. Le projet est abandonné pour des raisons budgétaires. Le ministère recherche un autre lieu sans remettre en question la Mission de la photographie.

PARIS - Frédéric Mitterrand l’avait annoncé pendant les 42e Rencontres photographiques d’Arles, en juillet 2011 : l’hôtel de Nevers, situé à proximité du site Richelieu de la BnF, succéderait à l’hôtel de Sully dévolu à la photographie patrimoniale. La fermeture de Sully en décembre 2009 avait provoqué des remous, l’État par cette fermeture ne disposant plus d’espaces dédiés à la photographie patrimoniale.

Les travaux de rénovation de l’hôtel de Nevers, géré comme précédemment pour l’hôtel de Sully par le Jeu de Paume, devaient commencer en juillet 2012. Ils ne commenceront jamais, l’annonce restera au stade des déclarations. Le ministère de la Culture et de la Communication abandonne le projet pour des raisons budgétaires (le coût de la restauration et de l’aménagement s’élevait à 10 millions d’euros), mais aussi au regard de la configuration du site bien trop petit et mal agencé pour abriter un lieu d’exposition. Comme le confirme Romane Sarfati, conseillère en charge des arts plastiques, de l’architecture, du design et de la mode au cabinet du ministre, « l’heure n’est pas à la création de nouvelle institution, encore moins à la création d’un nouvel équipement, l’idée est d’envisager plutôt différents partenariats et de mutualiser, d’optimiser équipements et ressources ».

Plusieurs solutions sont ainsi à l’étude. Le Palais de Tokyo fait partie des hypothèses, L’éventualité de « prendre » 1 000 m2 à cette institution avait déjà été envisagée et proposée par la Mission de la photographie initiée en mars 2010 par Frédéric Mitterrand pour renouer le dialogue avec les professionnels du secteur et répondre à ses différentes problématiques, notamment patrimoniales.

Organigramme
Le mois de novembre arrivant très vite, et plus précisément le Mois de la Photo et le salon Paris Photo, la ministre pourrait s’exprimer prochainement sur cette éventualité comme plus généralement sur la place de la photographie au sein sa politique culturelle. L’absence, comme de coutume, du terme « photographie » dans l’intitulé des champs de compétence des conseillers de la ministre laisse de fait planer un doute sur les priorités du ministère en ce qui concerne le médium. De même que son rattachement auprès de la conseillère en charge des arts plastiques, de l’architecture, du design et de la mode préfigure une vision de l’organisation du secteur photographique. « Il n’en est rien, souligne Romane Sarfati. Le rattachement de la photographie est complexe dans la mesure où il concerne différentes problématiques. » Sont ainsi impliqués selon les dossiers : Gilles Le Blanc, directeur adjoint du cabinet, en charge de la presse, du numérique et de l’enseignement supérieur et Philippe Barbat, conseiller en charge du patrimoine. Pour autant, le devenir de la Mission de la Photographie n’est pas remis en question. Cette mission dirigée par Daniel Barroy devrait toutefois changer de tutelle et passer de la direction du Patrimoine à la direction générale de la création artistique, « On s’inscrit dans la continuité, indique Romane Sarfati, ce qui est susceptible d’être précisé, ce sont ses missions. » 

D’ores et déjà, il semble acquis que ne seront pas remis en cause le portail Arago offrant un accès à certaines collections patrimoniales publiques, ni l’Observatoire de photojournalisme, ni l’aide à la photographie documentaire du Centre national des arts plastiques. Reste la question urgente toujours en suspend de la sauvegarde et de la conservation des fonds photos. La réflexion sur le sujet a évolué du côté de la Mission de la photographie qui se dirige désormais vers la création d’une structure de dépôt d’un coût de cinq millions d’euros. L’attente du lancement du concours d’architecture pour les nouveaux locaux de l’École nationale supérieure de la photographie – soumise semble-t-il à la décision du lieu de stockage de photographies d’auteur comme prévu initialement – laisse cependant préfigurer en ces temps de rigueur budgétaire d’autres priorités.

Légende photo

Mascaron du portail de l'hôtel de Nevers situé au 12 rue Colbert et 58 bis rue de Richelieu à Paris - © Photo Rémi Mathis - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°374 du 7 septembre 2012, avec le titre suivant : Aurélie Filippetti enterre (aussi) l’hôtel de Nevers

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