Politique

Au Soudan, des artistes créent la plus grande bannière de protestation au monde

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 7 juin 2019 - 334 mots

KHARTOUM / SOUDAN

Des centaines d’artistes participent à cette bannière afin de soutenir le mouvement de protestation contre les militaires.

L’artiste soudanais Amir Saleh pose devant la peinture murale réalisée par son équipe durant une manifestation près du quartier général de l’armée à Khartoum le 22 avril 2019. © Photo Ozan Kose/AFP.
L’artiste soudanais Amir Saleh pose devant la peinture murale réalisée par son équipe durant une manifestation près du quartier général de l’armée à Khartoum le 22 avril 2019.
© Photo Ozan Kose/AFP

Depuis le 15 avril, des artistes soudanais confectionnent ce qui pourrait bien être la plus grande bannière de protestation au monde. Créée dans le cadre du mouvement réclamant la remise du pouvoir aux civils après le coup d’État militaire du 11 avril, elle devrait mesurer près de 3 kilomètres de long. Ses créateurs souhaitent la déployer autour du QG militaire de la capitale, à Khartoum. 

« La révolution a amené les artistes à s’unir, et cet art les maintient ensemble », a déclaré Hala Elminyawi, l’une des militantes à l’origine du projet de la bannière, auprès du site Hyperallergic. L’œuvre à venir retrace l’histoire du renversement d’Omar Hasan el-Bechir, et illustre l’actuelle lutte du mouvement démocratique soudanais. 

Au pouvoir depuis 30 ans et contesté pour une politique d’austérité introduite en 2018, Omar Hassan el-Bechir avait été destitué par les forces militaires du pays le 11 avril. Dès le lendemain, le ministre de la Défense avait annoncé la constitution d’un Conseil militaire de transition de deux ans, jusqu’à l’instauration d’élections libres.

Réclamant l’accélération de la transition démocratique, plusieurs mouvements ont depuis organisé des manifestations devant le QG militaire du Soudan. À l’origine, la bannière censée y être exposée devait être uniquement composée des signatures de protestants, « mais l’art a émergé comme l’un des meilleurs moyens de communication de la révolution », a expliqué Hala Elminyawi. 

Rejoint par le groupe Youth Artists of the Revolution, les signatures sont maintenant accompagnées d’une série de peintures d’un mètre de haut sur deux mètres de large, et de portraits des protestants décédés – entre 120 et 200 depuis décembre 2018, selon les sources.

Les initiateurs de la bannière espèrent l’inscrire au livre Guinness des records pour obtenir une visibilité internationale sur leur pays. Hyperallergic rapportait, le 30 mai dernier, que le projet devait être dévoilé prochainement. Toutefois, la récente répression sanglante du Conseil militaire de transition rend bien improbable cette échéance. 

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