Royaume-Uni : des personnalités du monde de l’art et des philanthropes s’alarment face aux coupes budgétaires concernant les arts

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 19 juillet 2010 - 386 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [19.07.10] – Des personnalités importantes du monde de l’art ainsi que les principaux philanthropes britanniques ont manifesté leurs craintes face aux conséquences désastreuses des réductions budgétaires pour l’art et la culture du pays.

« Cut us but don’t kill us » ! C’est une des phrases de la lettre d’avertissement envoyée au gouvernement britannique, plus précisément au Premier ministre David Cameron et au secrétaire d’Etat à la Culture, aux Médias et au Sport, Jeremy Hunt, par un groupe de personnalités du monde de l’art parmi lesquels Sir Nicholas Serota, directeur de la Tate Modern de Londres, pour plaider contre les compressions budgétaires qui menacent les arts et la culture.

D’après The Guardian, les directeurs des principaux musées et galeries, théâtres et autres institutions artistiques et culturelles mettent en gardent le gouvernement contre les conséquences désastreuses que pourraient avoir des coupes budgétaires allant de 25 à 40% sur le secteur culturel britannique. Le Art Council of England a précisé que de telles réductions conduiraient à la suppression de milliers d’emplois, à la fermeture de quelques 200 organisations artistiques sur les 800 qu’il finance actuellement.

Par ailleurs, un groupe de philanthropes britanniques majeurs qui ont fait don ces dernières années de plusieurs centaines de millions de livres pour les arts et la culture a également adressé une lettre au Premier ministre. Selon eux, la philanthropie et le financement privé sont certes des moyens de pallier au manque de subventions, mais ne sont pas des « substituts » à l’effondrement du financement public, a précisé The Independent. Cette réaction fait suite au récent appel du secrétaire d’Etat à la Culture aux philanthropes pour stimuler les dons privés.

Au-delà, les professionnels craignent que cette mesure ne porte atteinte à la réputation de la culture britannique qui occupe une place de leader mondial. L’organisation de grandes expositions d’envergure internationale, à l’image de celles organisées par le MoMa de New York, prévue à Londres pour 2013 et 2014 est de facto remise en question, les institutions ne pouvant pas assumer financièrement leur montage.

Alistair Spadling, directeur du Sadler’s Wells, l’un des plus anciens théâtres de Londres, propose au gouvernement d’étaler les coupes d’ici à 2014 et ne pas procéder à des coupes « sauvages » dès la première année qui pourraient conduire à la disparition rapide de nombreux organismes artistiques.

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