Vendredi 14 décembre 2018

Une villa offerte à la photographie

En 2002, Milan inaugurera un Musée pour la photographie contemporaine

Le Journal des Arts

Le 16 mars 2001 - 494 mots

Installé dans une villa milanaise du XVIIe siècle, le Musée de la photographie contemporaine ouvrira ses portes en 2002. Il joint à une collection de plus d’un million d’images des années 1930 à nos jours un pôle scientifique voué à l’étude, à la recherche sur la conservation et la restauration.

MILAN (de notre correspondante) - Située à Cinisello Balsamo, à proximité de Milan, la villa Ghirlanda Silva, édifiée au XVIIe siècle, est actuellement en complète restructuration, un mal nécessaire pour offrir à l’automne 2002 plus de 2 000 m2 au Musée de la photographie contemporaine. Si la partie du bâtiment consacrée aux archives, aux locaux administratifs et aux deux laboratoires de catalogage et de numérisation, est d’ores et déjà prête, la restauration de l’aile sud où seront logés le musée lui-même et ses espaces de recherche, d’étude et de restauration, vient de commencer. Sur plus de trois étages, le futur centre disposera également d’une salle de conférence, de consultation des collections, d’une librairie, d’une cafétéria, et d’une bibliothèque spécialisée. Autant d’infrastructures que le public pourra découvrir dans les mois à venir puisque le musée n’attendra pas la fin des travaux pour commencer à organiser conférences et expositions.

Consacré à la recherche sur la photographie et à ses techniques de restauration, le pôle scientifique prévu dans le programme devrait, lui, combler les spécialistes et offrir un outil indispensable à l’étude d’une collection qui s’étend de 1930 à nos jours et regroupe plus d’un million d’images. Une histoire qui ne devrait pas s’arrêter si l’on en juge par les nouvelles campagnes photographiques et les futures acquisitions. Parmi celles-ci, figure le fonds de la Province de Milan où se côtoient des ensembles constitués ses dernières années, tels  que l’“Archive de l’espace” composée des travaux de 58 photographes, dont Olivo Barbieri, Gabriele Basilico, Gianni Berengo Gardin, Mario Cresci, Mimmo Jodice. Le projet offre, à travers 7 600 vues, un témoignage unique sur le paysage postindustriel des alentours de la ville.

Ex-voto bergamasques
Parallèlement, “Milan sans frontières” résulte de commandes passées en 1998 à dix artistes de renommées internationales parmi lesquels Basilico, Castella, Davies, Fischli&Weiss ou Gioli. Également apportés par la municipalité, les fonds Paolo Monti et Nocera recueillent les archives des photographes respectivement disparus en 1981 et 1993. La Région de Lombardie amène elle aussi ses trésors, dont le fonds Federico Patellani, formé par un corpus d’images socio-anthropologiques prises par le reporter entre les années 1930 et 1976 (plus de 22 000 tirages en noir et blanc et 670 000 négatifs). Un ensemble exceptionnel complété par de nombreux autres : Martino, Ernesto Fazioli, Eugenio Goglio, Mondo Popolare, Tollini, Arno Hammacher, Simone Magnolini, Klaus Zuagg, Cima, Rapuzzi, ou encore le singulier fonds des ex-voto bergamasques. Un patrimoine des plus riches pour un vaste et ambitieux projet qui témoigne de la vocation plus que locale du nouveau musée, dont tout laisse à penser qu’il s’inscrira dans un réseau d’institutions internationales.

- Villa Ghirlanda Silva, via FrovaCinisello Balsamo, près de Milan. www.museofotografiacontemporanea.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°123 du 16 mars 2001, avec le titre suivant : Une villa offerte à la photographie

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