Dimanche 25 février 2018

Extension

Une nouvelle aile pour le Prado

Le Journal des Arts

Le 30 juillet 2007

En dépit d’un important dépassement de budget, le bâtiment construit par l’architecte Rafael Moneo a été livré dans les temps.

MADRID - Contrairement à de nombreux pronostics, tout est bien qui finit bien. Après cinq ans de travaux placés sous la direction de l’architecte Rafael Moneo, le Musée du Prado à Madrid vient de voir s’achever le plus important réaménagement des deux siècles de son histoire. L’inauguration officielle de ces nouveaux espaces aura lieu le 30 octobre, à l’occasion du vernissage de l’exposition « Maîtres modernes dans les collections du Prado » sur la peinture espagnole du XIXe siècle. Les visiteurs pourront notamment y admirer les œuvres autrefois accrochées dans le bâtiment du Casón del Buen Retiro et entreposées dans les réserves depuis 1997. D’ici là, l’établissement ouvre gratuitement ses portes tous les week-ends. Le réaménagement permet au musée de disposer de 22 000 m2 supplémentaires, soit le double de sa surface actuelle, mais le coût total des opérations est monté à 152 millions d’euros, plus de trois fois le budget initialement prévu, 48 millions d’euros.
Rafael Moneo signe ici un projet élégant et fonctionnel à l’intérieur, austère et équilibré à l’extérieur. La sobriété raffinée de l’architecte transparaît dans ce bâtiment de briques rouges qui s’élève au dos de la structure réalisée par Juan de Villanueva en 1785, où se trouvait le Cloître de Los Jeronimos aujourd’hui intégré à l’ensemble. Le directeur du musée, Miguel Zugaza, l’a qualifié « d’œuvre discrète, élégante et profondément moderne, loin de la dimension spectaculaire et des excès de l’architecture contemporaine ». « C’est l’institution qui se doit d’être emblématique, pas l’édifice », souligne Rafael Moneo, qui a réservé les surprises pour l’intérieur.

Une dimension mystique
Au troisième étage du nouvel édifice, les visiteurs se retrouvent encerclés par les arcades en granit de l’ancien cloître que l’architecte a incorporées aux nouveaux volumes. L’espace ainsi créé revêt une dimension quasiment mystique, balayant par la même occasion les doutes des commissions d’urbanisme, plus conservatrices, lesquelles s’inquiétaient du sort d’un espace aujourd’hui valorisé.
Hormis les trois salles dédiées aux expositions temporaires, l’extension accueille les laboratoires de restauration et un auditorium, libérant ainsi une quarantaine de salles du bâtiment de Villanueva, où pourront désormais être exposées cinq cents œuvres en plus du millier de l’accrochage permanent. La collection pourra enfin respirer et les espaces supplémentaires permettront non seulement de sortir des œuvres des réserves où elles étaient reléguées depuis des années, mais aussi de repenser le parcours permanent.

Éloges de Greenpeace
Le granit, la brique et le chêne rouvre prévalent dans ce bâtiment « écologique », qui a même reçu les éloges de Greenpeace. Les portes réalisées par l’artiste basque Cristina Iglesias en sont le point d’orgue. Il s’agit d’authentiques sculptures « fonctionnelles » constituées de six éléments, deux fixes et quatre mobiles, qui mesurent en tout 8,4 mètres de long et 6 mètres de haut et pèsent 22 tonnes. Inspirées par le monde végétal, les portes ressemblent à un enchevêtrement d’arbustes dissimulant un monde magique.
Enfin, le futur Campus del Prado, dont le chantier durera encore cinq ans, sera intégré au Casón del Buen Retiro. L’édifice accueillera, à terme, le centre des études du musée, la bibliothèque, le centre de documentation, les archives et l’école du Prado, où seront formés les futurs conservateurs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°260 du 25 mai 2007, avec le titre suivant : Une nouvelle aile pour le Prado

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