Mercredi 19 décembre 2018

Monument

Une liste de 34 sites patrimoniaux du Yémen en danger

Par Elise Kerner-Michaud · lejournaldesarts.fr

Le 30 novembre 2018 - 395 mots

SANAA / YEMEN

Un rapport alerte la communauté internationale sur les conséquences de la guerre actuelle dans la région sur le patrimoine yéménite.

Ruines Marib Yémen
Vue des ruines de l'antique Marib, ancienne capitale des royaumes de Saba et d'Himyar dont la prospérité fut liée à l'irrigation permise par le barrage construit au VIIIe siècle av. J.-C.
Photo Ignacio

L’organisation Mwatana for Human Rights a publié le 15 novembre un rapport sur la destruction des sites et monuments historiques au Yémen dans le contexte de la guerre qui sévit depuis 2015. Une liste de 34 sites majeurs, dont certains vieux de plus de 3 000 ans, ayant subi des dommages de grande envergure, y est établie. Parmi eux figurent le site archéologique du barrage de Marib datant du VIIIe siècle av J.-C. ou encore la forteresse de Kawkaban, construite à flanc de montagne et culminant à près de 3 000 mètres d’altitude. Le site a été presque entièrement détruit lors de raids aériens. Des dégâts qui ne sont pas sans rappeler ceux causés en Irak et en Syrie par les conflits de ces dernières années. 

Ce rapport ponctue une enquête réalisée dans 9 provinces du pays, depuis plus de trois ans. Les équipes de Mwatana for Human Rights ont mené des interviews de plus de 76 personnes, permettant de croiser les témoignages afin de documenter l’évolution de l’état des monuments. 

Le document précise que les sites historiques subissent différents types d’attaque, des bombardements menés par la coalition arabe au vandalisme, en passant par la destruction liée à l’utilisation militaire des lieux. S’il s’agit parfois de dommages collatéraux, le rapport souligne que certaines attaques de la part des « divers partis et groupes armés affiliés ayant une attitude hostile envers une histoire incompatible avec leur idéologie » ciblent intentionnellement les monuments historiques du pays. Ainsi, parallèlement au tragique bilan humanitaire, comptabilisant des milliers de morts et des millions d’individus souffrant de la famine, le conflit affecte également « la mémoire collective des Yéménites, représentée par leur patrimoine et leur style de construction unique »

Le rapport liste des recommandations adressées, probablement en vain, aux différents acteurs du conflits, ainsi qu’à la communauté internationale. Les auteurs appellent l’UNESCO et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à soutenir l’application des articles 21, 22 et 23, de la convention de la Hague pour la protection des biens culturels de 1954, établissant des protocoles de sauvegarde du patrimoine en cas de conflit. Ils exhortent également « les pays exportateurs d’armes, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Italie » à mettre un terme à ces ventes. 

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