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MUSÉOGRAPHIE

À Saint-Denis, le siège et la Commune de Paris restent vivants

Par Élisabeth Santacreu · Le Journal des Arts

Le 18 octobre 2017 - 489 mots

Le nouvel accrochage du Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis met l’accent sur l’enrichissement de ses importantes collections sur les années 1870-1871.

Saint-Denis. Avec la nouvelle muséographie des salles consacrées au siège et à la Commune de Paris (1870-1871), le Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ne prétend pas avoir opéré une révolution. Il était cependant temps de renouveler la présentation de ces fragiles documents. Les 15 000 pièces que le musée conserve sur cette période sont essentiellement des œuvres sur papier et il n’y avait pas eu de nouvel accrochage depuis l’an 2000.

Les toiles et sculptures sont restées en place, tout comme les kakémonos dont l’historien de l’art Bertrand Tillier avait rédigé les textes. Il ne s’agit donc pas de faire le point sur la recherche, particulièrement active et passionnée, concernant la Commune, mais de montrer au public des raretés de la plus importante collection française en ce domaine. Pendant la période de fermeture des salles, qui a permis de reprendre les sols de ces anciens appartements de Mesdames, filles de Louis XV, lors de leur séjour au carmel de la ville, la collection a d’ailleurs été sollicitée pour la grande exposition du Musée de l’armée sur la guerre de 1870.
 

Des redécouvertes

Un récolement entrepris depuis plusieurs années vient de s’achever sous la direction de la conservatrice du musée, Sylvie Gonzalez, et d’Anne Yanover, responsable du service des collections. Il a permis de retrouver des pièces importantes à l’exemple de Gloria Victis (1875), un bronze d’Antonin Mercié qui était entreposé dans une réserve d’objets archéologiques. Des doubles des photographies de communards signées Eugène Appert sont apparus, qui ont pu remplacer les tirages qui étaient exposés jusqu’ici. Cette période de recherche a également nourri la réflexion de l’équipe du musée. « J’ai fait beaucoup d’acquisitions qui montrent un point de vue un peu différent, détaille Sylvie Gonzalez. Nous n’avons plus seulement celui des communards, qui était notre base, mais aussi celui des Allemands et des anti-communards. » Des estampes d’Emil Hochdanz sont ainsi entrées dans les collections. Un lot de dessins pris sur le vif a également été acquis, dont est tiré Barricades rue de Paris à Belleville, 19 mars 1871 de Daniel Vierge.

Dans la dernière section du parcours, intitulée « Mémoire et postérité de la Commune », est restée la maquette du mur Aux morts de toutes les révolutions (plus communément appelé « Mur des Fédérés ») de Paul Moreau-Vauthier, inauguré en 1909. Elle voisine avec une acquisition récente, La Commune de la Sorbonne, une caricature de Jean Effel faisant le parallèle entre Mai-68 et la Commune. Dans les sections précédentes sont présentés des originaux de bandes dessinées dus à Martin Jamar et Jean-Paul Dethorey. Le fonds communard de Saint-Denis, constitué avec une détermination sans faille depuis les premiers achats effectués par le maire Jacques Doriot en vue d’une exposition qui eut lieu en 1935, continue de s’enrichir pour le plus grand profit du public et des chercheurs.

 

 

Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis,
22 bis, rue Gabriel-Péri, 93200 Saint-Denis.

 

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°487 du 20 octobre 2017, avec le titre suivant : À Saint-Denis, le siège et la Commune de Paris restent vivants

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