Samedi 22 février 2020

Archéologie

A Narbonne, découverte majeure d’une nécropole romaine 

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 9 octobre 2019 - 445 mots

NARBONNE

Le site à « l’exceptionnel état de conservation » fouillé par l’INRAP pourrait abriter jusqu’à 1 000 tombes antiques.

Objets dans la nécropole de Narbonne, Ier-IIe s. après J.-C. © Photo Denis Gliksman/INRAP, 2019.
Objets dans la nécropole de Narbonne, Ier-IIe s. après J.-C.
© Photo Denis Gliksman / INRAP, 2019

Narbonne, première colonie romaine de Gaule, a conservé un héritage inespéré de son passé. L’Institut national de recherches archéologiques (INRAP) a annoncé le 7 octobre la mise au jour d’une immense nécropole aux portes de la ville. Sur place, les fouilles ont déjà permis de repérer 300 tombes datant entre le Ier et le IIe siècle après J.-C. Selon l’établissement public, près de 700 autres restent à découvrir.

Des sondages réalisés en 2007 puis en 2014 avaient déjà signalé la présence de sépultures sur le site. Mais ce n’est qu’en 2017, à l’occasion de fouilles préalables à l’aménagement d’un nouveau quartier commercial, que les potentialités du site ont été identifiées, rapporte Le Monde.

Le chantier archéologique a débuté en août, et durera 13 mois. La nécropole, bâtie à 600 mètres de la ville antique Narbo Martius, occupait 2 000 m². Ses vestiges indiquent qu’elle était délimitée par des enclos maçonnés. Lesquels protégeaient des centaines de concessions où étaient conservés les cendres des défunts, selon la tradition funéraire de la religion romaine. 

En inspectant les tombes, les archéologues ont ainsi découvert, dans des récipients de verre ou de céramique, des ossements imparfaitement brûlés accompagnés de fruits ou d’objets personnels. Les artefacts mis au jour sont peu précieux, les épitaphes du site révèlent que les morts étaient d’une origine modeste : plébéiens, affranchis, esclaves.

La nécropole apporte des informations sur le culte mémoriel de l’époque et ses procédés. En effet, un tiers des sépultures découvertes sont encore dotées de « conduit à libation », des amphores ou céramiques dépassant du sol et enfoncées dans les tombes qui permettaient de transmettre diverses offrandes. Pour l’heure, l’INRAP a détecté la présence de coquillages et indiqué que des analyses chimiques étaient en cours pour « mieux caractériser ces pratiques libatoires » dont les témoignages sont rares dans l’histoire de la Gaule.

Si le site est aussi bien conservé, c’est en partie grâce à la proximité des eaux, et plus spécifiquement d’un bras de l’Aube aujourd’hui emprunté par le canal de la Robine. « Le site était protégé par 3 m de limons issus de ses crues », précise l’INRAP. Durant la période antique, la succession d’inondations a « scellé les états successifs de la nécropole » et ainsi permis de repérer les « phases d’évolution des pratiques funéraires ».

Une fois la période de fouilles terminée, les lieux seront à la disposition des promoteurs immobiliers. Une partie du mobilier funéraire découvert rejoindra alors les collections du futur musée archéologique de Narbo Via. Réalisé par l’architecte britannique Norman Foster, le musée devrait ouvrir ses portes en 2020 et présenter sur 8 000 m² le patrimoine archéologique de la cité antique.

Poteries découvertes dans la nécropole de Narbonne, Ier-IIe s. après J.-C. © Photo Denis Gliksman/INRAP, 2019.
Poteries découvertes dans la nécropole de Narbonne, Ier-IIe s. après J.-C.
© Photo Denis Gliksman /INRAP, 2019.

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