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Les très bons « Amis » du Louvre

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 9 mai 2019 - 535 mots

PARIS

Le budget d’acquisition 2019 de la Société des amis du musée sera, comme en 2017, supérieur à 5 millions d’euros. Un montant à la hauteur de ses ressources.

Paris. 2019 devrait être encore une belle année pour l’enrichissement des collections du Louvre grâce au financement apporté par sa Société des amis. Après l’acquisition (pour 280 000 €) d’un dessin du Maître de Flore, un artiste de l’école de Fontainebleau actif à partir de 1550, cette dernière vient d’annoncer l’achat d’un panneau de retable de Domenico Ghirlandaio pour 750 000 euros. Deux autres panneaux (une Nativité et une Résurrection) se trouvent respectivement à la Pinacothèque vaticane à Rome et au Statens Museum for Kunst de Copenhague. Le Louvre avait un œil sur cette Apparition du Christ à la Vierge (vers 1490) alors que le tableau se trouvait en France sous une autre attribution. Il a été acquis auprès d’une galerie londonienne.

« Mais ce n’est pas tout, nous nous préparons à un achat spectaculaire en cours de discussion, révèle Sébastien Fumaroli, le directeur délégué des Amis. Cela devrait porter le budget 2019 à près de 5 millions d’euros. » En 2017 déjà, la société présidée par Louis-Antoine Prat avait largement ouvert les cordons de sa bourse pour financer (3,5 M€) l’achat de Mars quittant les Armes, un bronze du XVIIe siècle de Michel Anguier d’une valeur de 3,5 millions d’euros. Cette année-là, le budget était monté à 5,8 millions d’euros, alors qu’il était de 1,2 million en 2016 et qu’il redescendra à 1,8 million en 2018. Un montant comparable au budget d’acquisition du musée.

Cette variation importante dans les budgets s’explique par une source de financement moins connue et plus aléatoire que les cotisations des membres (environ 4,5 M€ par an) : les legs. Leur valeur s’élevait à 2,4 milions d’euros en 2017 et 1,6 million d’euros en 2018, pour un total de 12 millions sur les douze dernières années. « Nous avons des liens quasi familiaux avec beaucoup de nos membres, précise le directeur délégué, c’est ce qui explique que certains d’entre eux sont généreux dans leurs dernières volontés. » De même que les achats ne se cantonnent plus depuis longtemps aux primitifs français et qu’ils concernent tous les départements du musée, l’aide des Amis ne se limite pas aux acquisitions. Outre un reversement forfaitaire de plus de 600 000 euros au musée, la Société finance, dans le cadre de ce qu’elle appelle du « mécénat », l’édition de catalogues du Louvre, des restaurations d’œuvres et de salles et même des fouilles, comme c’est le cas à Gabies en Italie.

Ces chiffres à faire pâlir d’envie tous les musées du monde reposent cependant en grande partie sur la capacité à maintenir le nombre – élevé – d’adhérents. Après un pic à 70 000 membres atteint lors de la réouverture du Grand Louvre, leur nombre oscille aujourd’hui autour de 60 000. L’enjeu est de maintenir un fort taux de renouvellement tout en recrutant de jeunes adhérents pour compenser la disparition naturelle des plus vieux membres. Les 18-30 ans représentent aujourd’hui moins de 10 % des membres. Et même s’ils ont progressé de 6 % en 2018, il faut se montrer très inventif dans l’offre et les outils de communication pour attirer cette tranche d’âge.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°523 du 10 mai 2019, avec le titre suivant : Les très bons « Amis » du Louvre

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