Vendredi 25 septembre 2020

Musée

Un Louvre qui respire mieux

Le Louvre améliore l’accueil des visiteurs

La première phase du projet «Â Pyramide » s’achève, redonnant à l’accueil des visiteurs du Musée du Louvre une certaine fluidité, tout en respectant l’architecture de Pei

Par Francine Guillou · Le Journal des Arts

Le 5 juillet 2016 - 732 mots

PARIS

Le musée inaugure le nouvel agencement de son hall d’accueil qui va fluidifier le flux des visiteurs, clarifier la signalétique et redonner de l’éclat à ce grand espace. Le Louvre se dote également d’un centre d’interprétation, situé dans le pavillon de l’Horloge.

PARIS - Annoncé en 2014, le projet « Pyramide » voit sa première phase de travaux prendre fin en juillet. C’est pour faire face à l’augmentation constante de sa fréquentation (1) qu’a été lancé ce projet de restructuration des services d’accueil et de flux des visiteurs, afin de désengorger le hall Napoléon et apporter plus de confort de visite. « Tous les services d’accueil étaient sous-dimensionnés, on avait une congestion des visiteurs dans le hall et dans l’aile Denon, un flux non régulé sur le parcours amenant à la “Joconde” », souligne Pauline Prion, chargée de ce projet « dont la réflexion est engagée depuis 2001 ».

En 2014, le plan de financement de cette refonte nécessaire est garanti par les apports du Louvre-Abou Dhabi (intérêts du fonds de dotation et contreparties de prêts). Cela permet au musée de ne pas recourir aux subventions publiques pour un projet évalué à 53,5 millions d’euros en comptant la restructuration du pavillon de l’Horloge (lire l’encadré).

Sécurité renforcée
Pour répondre au cahier des charges, les équipes du Louvre ont imaginé des solutions originales : « Il n’y a aucun établissement dans le monde avec autant de contraintes et recevant un si grand nombre de visiteurs », explique Pauline Prion. De fait, c’est le musée le plus fréquenté au monde, et les normes de sécurité sont beaucoup plus exigeantes que dans les parcs de loisirs : billetterie et contrôle de sécurité constituent autant de barrages avant la visite.

Au registre de la sécurité, le contrôle a été doublé sur le parvis de la pyramide, divisant les files d’attente en deux parties. « Cela paraît anodin, mais le flux à l’extérieur est dorénavant lié à la billetterie en ligne », commente Pauline Prion. Exit la vilaine tente installée provisoirement, un fin auvent interne au design discret abrite désormais les agents de sécurité et assure l’étanchéité du bâtiment. Dorénavant, l’accès par la pyramide ne permet plus les sorties, transformant le Carrousel et ses boutiques en passage obligé pour sortir du bâtiment.

Dans le hall Napoléon, si l’acoustique n’a pas été améliorée, l’espace est rendu au sol : les services d’accueil ont été relégués en périphérie. Un vestiaire autonome de 1 700 casiers a libéré l’espace des vestiaires spécialisés pour tripler le nombre de sanitaires.

Ces changements sont presque invisibles, et l’architecture d’ensemble de I. M. Pei est respectée. Le seul acte architectural de Search, l’agence d’architecture retenue pour cette refonte, réside dans la billetterie, logée dans l’ancienne librairie du musée. Un traitement acoustique et un bardage en métal doré permettent un plus grand confort autour d’un puits de lumière assez élégant. « Search a été choisi notamment parce que leurs propositions respectaient l’architecture initiale, mais nous nous sommes assurés de l’avis de Pei, en lui soumettant un accord formel par écrit avant les travaux », explique Pauline Prion.

La communication destinée aux visiteurs a été améliorée, la signalétique se fait par l’image (pour éviter les multiples traductions) et en hauteur, tandis que des colonnes type « Morris » délivrent des informations temporaires. Le mobilier  (assises, comptoirs de restauration et boutiques) a été revu dans une version design en bois foncé et armature métallique. Mais le chantier n’est pas terminé : il faudra attendre 2017 pour voir s’achever le projet avec la partie accueil des groupes.

Note

(1) de 4,5 millions de visiteurs en 1989, il est aujourd’hui de presque 10 millions.

Un centre d’interprétation dans le pavillon de l’Horloge

Volonté du président Jean-Luc Martinez, un centre d’interprétation de l’histoire du Louvre se déploie sur les trois niveaux du pavillon de l’Horloge, baptisé « Centre Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan », du nom du fondateur des Émirats arabes unis « en application de l’accord gouvernemental pour la création du Louvre-Abu Dhabi » selon l’établissement. À l’entresol, la promenade autour des remparts médiévaux a été remise en lumière, et le chemin sur pilotis supprimé au profit d’un sol en béton qui conduit à la première salle du centre. Numérique, maquettes, œuvres venant en présentation des actualités du musée et des établissements affiliés (Louvre-Lens et Louvre-Abou Dhabi) ou partenaires sont au programme des nouvelles salles du pavillon. Ce centre devrait également permettre de créer un nouveau flux de visiteurs pour un « itinéraire bis » permettant de désengorger l’aile Denon et le parcours vers la Joconde.

Légende photo

La nouvelle billetterie du musée du Louvre, Paris. © Photo : Thierry Ollivier/Musée du Louvre.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°461 du 8 juillet 2016, avec le titre suivant : Le Louvre améliore l’accueil des visiteurs

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