Dimanche 20 septembre 2020

Patrimoine

Le gouvernement égyptien tente d’effacer les fresques révolutionnaires de la place Tahrir

Par Romain Bouvet · lejournaldesarts.fr

Le 25 septembre 2012 - 313 mots

CAIRE / EGYPTE

LE CAIRE (ÉGYPTE) [25.09.12] - Le gouvernement fait disparaître progressivement les graffitis contestataires dessinés pendant la révolution égyptienne. Les opposants au nouveau régime voient dans cet acte une volonté d’effacer l’histoire.

Sur la place Tahrir et le long de la rue Mohamed Mahmoud, au Caire, on peut observer une fresque hétéroclite de graffitis, caricatures, slogans révolutionnaires, portraits de « martyrs » victimes des jours sanglants qui ont succédé à la chute d’Hosni Moubarak. Depuis début septembre, ces témoignages graphiques sont menacés de disparition, la municipalité ayant entamé une campagne de nettoyage sur ordre du gouvernement. Un des plus célèbres de ces graffitis, un portrait caricatural montrant les visages mêlés de l’ancien président déchu et de Mohamed Hussein Tantawi (leader du Conseil Suprême des Forces Armées au pouvoir) a été recouvert de peinture blanche mercredi, et le même sort est réservé au reste de ces fresques.

Si le prétexte officiel de ce nettoyage est la mise en place de rénovations destinées à embellir la place Tahrir, les militants engagés dans la cause révolutionnaire voient cette initiative d’un autre œil. Pour beaucoup cette « rénovation » ne fait qu’accentuer leur sentiment de s’être fait voler la révolution par les islamistes qui ont pris le pouvoir. Les militants accusent notamment le gouvernement de chercher à « effacer l’histoire » pour enrayer la poursuite de la révolution, et faire croire qu’un nouveau système politique stable est en place.

Symbole commémorant l’histoire et le prix de la liberté pour certains, ces fresques sont cependant un rappel douloureux pour d’autres. Après plus d’un an de troubles, des habitants de la rue Mohamed Mahmoud se disent contents de voir ces graffitis disparaitre.

L’affaire n’est cependant pas réglée. En signe de protestation, des artistes se sont déjà réapproprié les murs repeints en blanc, en dessinant une nouvelle couche de portraits contestataires et de slogans virulents pour dénoncer ces tentatives de nettoyage.

Légende photo

Graffiti réalisé par Ammar Abu Bakr et Aldegm représentant Sambo, un héro local de la révolution, Le Caire, Egypte - © Photo Gigi Ibrahim - 2011 - Licence CC BY 2.0

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