Samedi 16 février 2019

Nouvelles technologies

L’aquarelle pour témoigner des effets du changement climatique

Par Sindbad Hammache · lejournaldesarts.fr

Le 4 février 2019 - 393 mots

MONDE

Un site regroupe 80 000 aquarelles permettant de se rendre compte de ce qu’étaient jadis les paysages représentés.

John Constable (1776 - 1837), <em>Wivenhoe Park</em>, 1816, huile sur toile, 56,1 x 101,2 cm
John Constable (1776 - 1837), Wivenhoe Park, 1816, huile sur toile, 56,1 x 101,2 cm

Considérée comme un genre mineur, prisée par les peintres du dimanche, l’aquarelle est souvent négligée. Pour Fred Hohler, fondateur du projet « The Watercolour World », la peinture à l’eau représente au contraire une ressource historique irremplaçable et un possible témoin des changements climatiques. Lancé le 31 janvier 2019, le site présente une collection de 80 000 aquarelles numérisées, que l’on peut parcourir en accès libre par mots-clefs ou sur une carte.

Cette base de données inédite a pour ambition d’aider des scientifiques, des historiens, mais aussi le grand public à connaître l’apparence du monde avant l’apparition de la photographie. Les aquarelles réunies ont donc toutes été réalisées avant 1900, et offrent, selon Fred Hohler, « un voyage extraordinaire dans le temps ». « Avec le changement climatique, la montée des eaux, et pire encore, ce projet fournit aux scientifiques et environnementalistes une vision précise de la nature telle qu’elle a été » explique-t-il. Les historiens pourront utiliser ces documents comme « témoignage utile pour conserver ou reconstruire des structures, pour trouver des sites perdus ».

Sous le patronage du Prince Charles et de la Duchesse de Cornouailles, ce travail gigantesque réunit des images parfois oubliées, pour beaucoup jamais numérisées, permettant de préserver des documents fragiles. Les aquarelles se détériorent en effet rapidement à la lumière et sont sensibles aux changements de température. Souvent cachées pour être protégées, elles sont aujourd’hui accessibles à la vue de tous. 

Pour mener à bien ce travail de sauvegarde numérique, l’équipe du projet a rendu visite aux nombreux collectionneurs d’aquarelles, munie d’un scanner portable spécialement développé pour l’occasion. Certaines institutions qui n’avaient pas les ressources de numérisation nécessaire ont pu bénéficier de l’initiative pour digitaliser leurs propres collections.

Dans cette base de données unique, des œuvres d’amateurs anonymes cohabitent avec celles de John Constable ou William Turner. Pour l’auteur de « Watercolour World » toutes doivent être sauvegardées sans distinction : « Si nous perdons ces collections d’aquarelles, nous perdons notre vision de toute une période. Elles sont uniques et absolument irremplaçables »

« The Watercolour World » est aussi un site participatif, où l’on peut aider Fred Hohler dans son entreprise en retrouvant la localisation des endroits représentés sur certaines aquarelles, ou bien en lui demandant de venir numériser sa collection d’aquarelles.

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