La SPK, une relique de l’administration prussienne

La Stiftung Preußischer Kulturbesitz multiplie les handicaps

Le Journal des Arts

Le 7 novembre 1997 - 496 mots

À côté d’institutions fonctionnant parfaitement, comme en Bavière, les problèmes de la Stiftung Preußischer Kulturbesitz de Berlin restent actuellement sans solution. La Fondation doit faire face à certains problèmes récurrents de l’administration publique, même dans un pays aussi efficace que l’Allemagne.

BERLIN - "Nous sommes un fossile, observe tristement le directeur général des Staatliche Museen, Wolf-Dieter Dubbe, une relique du XIXe siècle". La Stiftung Preußischer Kulturbesitz de Berlin (SPK) a les dimensions d’un ministère. Avec un budget de 1,3 milliard de francs et 2 313 employés, elle administre les plus grands musées et la plus grande bibliothèque d’Allemagne, un patrimoine hérité de l’époque où Berlin était la capitale de la Prusse, puis celle de l’Empire allemand. "Notre problème, ajoute Günter Schauerte, collaborateur du directeur et spécialiste de la gestion, est celui des frais fixes. Il ne saurait se résoudre par l’autonomie de gestion. Sur notre budget en apparence opulent, plus de 60 % servent à payer les salaires des employés de la Fondation, et largement 20 % les frais de fonctionnement et d’entretien. Il en reste donc moins de 20 % pour les activités d’étude, les publications, les expositions temporaires et les acquisitions. Dans ces conditions, l’autonomie se limiterait seulement à une petite fraction des ressources que nous gérons. Le personnel constitue notre grande préoccupation. Je ne crains pas de dénoncer la situation dans laquelle nous nous trouvons, parce qu’en théorie, avec notre équipe scientifique (165 conservateurs et plus de 130 restaurateurs), nous pourrions faire des merveilles. En réalité, c’est un personnel qui est très difficilement gérable". La carrière des fonctionnaires employés par la Fondation, qui ne peuvent pratiquement pas être licenciés et auxquels un article de la Constitution garantit “la liberté de recherche et d’enseignement”, est très encadrée. Le régime des rémunérations obéit à des schémas qui sont les mêmes que sous l’administration prussienne du siècle dernier.

Rien de surprenant, donc, à ce que la structure administrative du musée soit aussi peu flexible et ait autant de mal à s’adapter aux exigences d’une institution culturelle moderne. Or, les améliorations potentielles sont nombreuses : l’an passé, le service de surveillance du Pergamon Museum, confié à une société privée, a fait économiser 25 % du budget prévu à cet effet, soit près de 3,4 millions de francs. La Fondation a calculé qu’avec son propre personnel, en comptant les congés de maladie et les vacances, il fallait trois personnes pour un seul poste de gardien. En outre, la législation du travail des institutions publiques n’autorise pas l’emploi de collaborateurs extérieurs avec des contrats à durée déterminée pour l’organisation d’expositions temporaires. Afin de résoudre ces problèmes, la Fondation devrait, selon certains de ses collaborateurs, changer de statut juridique et devenir une “société à responsabilité limitée”. Les activités des musées pourraient également être séparées en deux secteurs, l’un pour les activités commerciales, l’autre pour les travaux d’étude et de conservation des collections. Ces questions seront du ressort du prochain président de la SPK, qui succédera à Walter Knopp en 1998.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°47 du 7 novembre 1997, avec le titre suivant : La SPK, une relique de l’administration prussienne

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