Justice

Guggenheim contre Guggenheim : les descendants définitivement déboutés face à la Fondation

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 9 mars 2018

PARIS

Les descendants de Peggy Guggenheim (1898-1979) ont été définitivement déboutés mercredi de leur action devant la justice française contre la Fondation Solomon Guggenheim, qui administre à Venise la collection de leur ancêtre, selon une décision consultée jeudi par l'AFP.

La Peggy Guggenheim collection à Venise vue du Grand Canal à Venise
La Peggy Guggenheim collection à Venise vue du Grand Canal à Venise
Photo Ludosane, 2017

La Cour de cassation a rejeté mercredi le pourvoi en cassation de la branche française de la famille, déjà déboutée par la cour d'appel de Paris en septembre 2015. Sandro Rumney, Nicolas Hélion et leurs enfants reprochaient à la fondation américaine de ne pas respecter les volontés de Peggy Guggenheim, riche héritière excentrique et grande mécène, qui avait installé sa collection d'art moderne dans un palais vénitien après la Seconde Guerre mondiale. Ils demandaient notamment la remise en état intégrale de la collection et du jardin et la suppression de toutes mentions relatives à d'autres collectionneurs (Schulhof, Mattioli, Nasher) ajoutées ces dernières années après des donations d'oeuvres.

En première instance comme en appel, la justice ne leur avait pas donné gain de cause, les condamnant à verser à la fondation 30.000 euros pour les frais de justice. Les Rumney s'étaient pourvus en cassation, estimant notamment que la cour d'appel n'avait pas répondu à l'un de leurs principaux arguments, à savoir que la collection telle qu'imaginée par Peggy Guggenheim représentait selon eux une oeuvre de l'esprit. La Cour de cassation, qui juge la bonne application du droit, a estimé que leurs griefs contre la décision d'appel n'était pas fondés.

Le litige portait sur la présentation des 326 oeuvres - Picasso, Braque, Miro, Matisse, Dali, Duchamp, Max Ernst, Rothko ou encore Jackson Pollock - léguées par la richissime héritière à la fondation créée par son oncle en même temps que le palais vénitien. Orpheline à 13 ans d'un père magnat de la métallurgie disparu sur le Titanic, elle était venue vivre à Paris dans les années 1920, fréquentant et achetant les oeuvres d'artistes d'avant-garde. Installée par la suite à Londres, New York puis Venise, elle n'avait jamais cessé de collectionner.

Dans un communiqué, la Fondation a salué la décision de la Cour de cassation, "satisfaite que ces poursuites et appels sans objet soient désormais terminés". "La Fondation est fière de réaliser fidèlement les souhaits de Peggy Guggenheim depuis près de quarante ans, en préservant sa collection et en l'exposant au Palais Venier dei Leoni (...). La collection Peggy Guggenheim est aujourd'hui le musée d'art moderne le plus visité d'Italie", a-t-elle ajouté.

Cet article a été publié le 8 mars 2018 par l'AFP

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