Italie

Églises et musées

Les églises, envahies par les touristes, adoptent, comme les musées, le principe de l’entrée payante en dehors des services religieux

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1994

Le vicaire général de la cathédrale de Lucques, excédé par le défilé ininterrompu de touristes pendant les messes, a ordonné qu’on recouvre Ilaria del Carretto, l’œuvre de Jacopo della Quercia qui attirait les foules. Il se réjouit du débat ainsi suscité face à l’immobilisme de l’administration : “Un pavé dans la mare de la bureaucratie.”?

Le problème du respect des lieux de culte est lié à des questions très pratiques qui exigent des solutions rapides. Les trésors que recèlent les églises sont négligés par manque de fonds, et leur mise en valeur le plus souvent inexistante. De nombreuses églises italiennes envisagent donc d’instituer une entrée payante en dehors des horaires de cérémonies religieuses, pratique répandue dans certains pays d’Europe mais qui, ici, en est aux balbutiements. Le système a le double mérite de préserver de véritables moments de recueillement, tout en finançant l’entretien et le gardiennage des œuvres. L’Opera Primaziale de Pise vient d’adopter l’entrée payante en dehors des messes. À Saint-Marc, il faut prendre un billet pour visiter certaines parties de l’édifice, le campanile par exemple. À Florence, l’entrée reste gratuite, mais le public n’accède qu’à une partie de l’église, l’autre étant réservée au culte.

Ravenne mène cependant l’expérience la plus intéressante avec un billet groupé modulables : on peut visiter au choix deux, quatre, six ou sept monuments romains, églises et musées, le prix du billet variant en fonction de la formule choisie. Le système, qui fonctionne depuis quelques années, réussit le double exploit de fournir plus de revenus aux propriétaires des lieux, ce qui contribue à une meilleure conservation des œuvres, tout en garantissant un prix de visite raisonnable – 10 000 lires soit 35 francs – pour le circuit complet. Sans compter des horaires d’ouverture continus de dix heures en été et sept en hiver, un fonctionnement de service public rare dans la Péninsule. Un projet similaire est à l’étude pour le diocèse de Vérone.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : Églises et musées

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