Vendredi 28 février 2020

Dublin double la mise

Sitôt rouverte, la National Gallery veut s’agrandir

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1996 - 446 mots

La National Gallery d’Irlande a rouvert ses portes le 17 mai : sept cents œuvres sont présentées dans une nouvelle muséographie qui met particulièrement en valeur la peinture britannique et irlandaise. Sitôt achevée cette rénovation, pour un montant de 9 millions de livres irlandaises (74 millions de francs), le musée a annoncé un projet d’extension évalué à 12,5 millions de livres (103 millions de francs).

DUBLIN - Entièrement fermée depuis le mois de février – son aile nord l’était déjà depuis quatre ans –, la National Gallery vient de rouvrir ses portes. Depuis 1992, quelques-unes de ses plus belles toiles de maîtres anciens ont été prêtées pour des expositions itinérantes aux États-Unis, au Japon et en Australie, et de nombreuses peintures ont été restaurées et réencadrées.

L’intérieur du musée a été entièrement rénové, la couleur des murs changée. Le rez-de-chaussée est occupé en totalité par l’art irlandais et britannique. L’accrochage inaugural de la salle qui exposera par roulement des portraits de personnalités irlandaises rend hommage aux artistes et aux personnages liés à l’histoire de la National Gallery. D’ici la fin de l’été, une salle sera consacrée au plus grand peintre irlandais moderne, Jack B. Yeats, dont la nièce vient de faire don au musée de cent quatre-vingt-dix carnets de croquis.

Le niveau supérieur présente la peinture européenne. Au centre de la salle baroque, trône de manière théâtrale un tableau du Caravage récemment découvert, l’Arrestation du Christ. Désormais, les peintures hollandaise et allemande bénéficient d’une place plus importante, et le musée s’est enfin doté d’un nouveau cabinet des Estampes, qui présente actuellement ses chefs-d’œuvre.

Concours d’architecture
Jusqu’au 11 août, la première exposition temporaire montre des œuvres de Rembrandt, dont Anna et l’Aveugle Tobit, de la National Gallery de Londres, ainsi que l’extraordinaire autoportrait de 1659, prêté par la National Gallery of Art de Washington en échange de la Jeune femme écrivant une lettre pour la rétrospective Vermeer. Des estampes de Miró, provenant du Centro de Arte Reina Sofía de Madrid, sont visibles jusqu’au 28 juillet, puis viendra le tour de "William Leech, un impressionniste irlandais" (9 octobre-15 décembre) et des "Trésors de la Société royale d’horticulture" (30 octobre-15 décembre).
La National Gallery vient également d’annoncer son intention de créer une extension sur Clare Street pour un montant prévisionnel de 12,5 millions de livres irlandaises (103 millions de francs), dont 7,5 millions de livres (62 millions de francs) ont déjà été promis par le Fonds européen pour le développement régional, le reliquat devant être trouvé par la fondation du musée créée en février. Un concours d’architecture a été lancé ; le nom du lauréat devrait être connu en septembre, afin que le nouveau bâtiment puisse ouvrir en l’an 2000.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°27 du 1 juillet 1996, avec le titre suivant : Dublin double la mise

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