Dimanche 25 février 2018

Débuts laborieux à la Brunei Gallery

Le Journal des Arts

Le 12 février 2010

Le sultan de Brunei, considéré comme l’homme le plus riche du monde, s’est contenté de financer la construction de la Brunei Gallery, sans la doter d’un budget de fonctionnement. Mais trois mois après son inauguration, il s’avère que le financement des expositions est difficile à trouver. Ainsi, l’exposition d’une sélection de la collection Nasser David Khalili a déjà été repoussée à plusieurs reprises.

LONDRES - Située sur Russell Square, non loin du British Museum, la Brunei Gallery dépend de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres. Inaugurée le 22 novembre, avec une modeste exposition de manuscrits et de céramiques appartenant à la SOAS, elle est exclusivement consacrée à des expositions temporaires d’art islamique d’Afrique et d’Asie. Le bâtiment conçu par l’architecte Nicholas Hare comprend, outre des bureaux et des salles de conférences, deux petites salles d’expositions au rez-de-chaussée et un espace équivalent au sous-sol.

Si la construction de l’édifice a été financée par le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah – il a offert 10 millions de livres (environ 80 millions de francs) –, "le financement des expositions n’est pas assuré et reste à trouver au coup par coup", explique Nadia Erzini, conservateur adjointe, aux côtés de Rosemary Scorr. À la fin des années quatre-vingt, l’Ismaili Centre, financé par l’Aga Khan, avait lui aussi ouvert un espace d’expositions d’art islamique à Londres, la Zamana Gallery, qui avait malheureusement dû fermer ses portes au bout de quelques années. Nadia Erzini estime néanmoins que "l’image de la SOAS devrait mettre la Brunei Gallery à l’abri d’une telle déconvenue et encourager la générosité des donateurs", même si l’exposition "L’Empire des sultans : art ottoman de la collection Khalili" a déjà été repoussée à plusieurs reprises… Elle devrait finalement ouvrir ses portes du 23 mai au 31 août.

Cet ensemble exceptionnel de 250 objets d’art, a été montré l’été dernier au Musée Rath, à Genève. Rappelons qu’en 1992, le milliardaire Nasser David Khalili avait proposé de faire don à la Grande-Bretagne de sa collection d’art islamique, à la condition qu’un bâtiment lui soit affecté dans le centre de Londres et que les frais d’assurance soient pris en charge par le pays. Son offre avait été rejetée à l’époque par le gouvernement britannique.
 
À l’autome, au plus tôt, la Brunei Gallery devrait présenter une partie de la collection d’armes du Tarek Rajab Museum de Koweit City, pendant deux mois environ. Mais entre chaque exposition – comme c’est le cas actuellement –, l’espace est fermé au public…

Brunei Gallery, SOAS, Thornhaugh Street, Russell Square, Londres, tél. 171 637 2388, ouvert du lundi au vendredi de 10h30 à 17h30, à partir du 13 mars.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : Débuts laborieux à la Brunei Gallery

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