Mercredi 26 février 2020

Economie

Éditorial

Quand la Chine est malade

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 13 février 2020 - 391 mots

Monde. Cet éditorial sera-t-il le premier ou le dernier sur l’épidémie du coronavirus (2019-nCov) ?

Pour l’heure (le 11 février), le nombre de nouveaux cas d’infection semble légèrement marquer le pas, annonçant peut-être le début de la fin. Mais rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est que cette épidémie est beaucoup plus grave que celle du Sras en 2002-2003, qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde quand celle-ci a déjà fait plus de 1 000 victimes, quasi exclusivement en Chine. Et ses conséquences sont d’une tout autre ampleur, en particulier dans le monde culturel et artistique.

On ne compte plus en Chine continentale et à Hongkong les fermetures de musées, de lieux touristiques, les annulations de festivals ou de salons. La plus emblématique de ces annulations est celle d’Art Basel Hong Kong car la foire d’art contemporain est devenue un événement international avec une forte résonance en Occident. Art Basel Hong Kong, n’existait pas lors de la crise du Sras, du moins sous sa forme actuelle, c’est-à-dire placée dans le giron d’Art Basel, et son expansion témoigne de l’importance prise par la Chine dans le monde de l’art en une vingtaine d’années.

Quasi inexistant il y a vingt ans, le marché de l’art en Chine occupe la deuxième ou troisième place, suivant les années, derrière le marché américain. Les musées – surtout privés – poussent comme des champignons tandis que les galeries occidentales s’installent à Shanghaï et Pékin. Tout cela répond à une augmentation continue du PIB et un embourgeoisement accéléré de la société chinoise. Et c’est précisément en raison de l’émergence de cette classe moyenne supérieure que la crise sanitaire actuelle a des conséquences en Europe.

Alors qu’ils n’étaient que 300 000 touristes à visiter la France en 2003, ils sont aujourd’hui plus 2,2 millions à y dépenser plus de 4 milliards d’euros. Le Louvre a accueilli en 2018 820 000 visiteurs chinois. L’impact est encore mesuré car l’hiver est la basse saison touristique, mais si l’épidémie devait continuer, les conséquences seraient plus visibles.

Mais au fond l’impact économique paraît dérisoire en regard de la méfiance qui est en train de s’installer dans notre pays à l’égard de la communauté asiatique. Partout on signale des comportements indignes d’une civilisation cultivée. Alors oui, espérons que ce soit le premier et le dernier éditorial sur le sujet.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°539 du 14 février 2020, avec le titre suivant : Quand la Chine est malade

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